Amos Gitai présente son nouveau film « Sur la route de Jéricho » à Venise

Le réalisateur israélien Amos Gitai a dévoilé son nouveau film « Sur la route de Jéricho » au 83e Festival de Venise. La projection à la Sala Grande a suscité de vifs applaudissements et des slogans politiques.

MakoAuteur : Ron Fogel
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Amos Gitai présente son nouveau film « Sur la route de Jéricho » à Venise
Photo : Mako / עמוס גיתאי, פסטיבל ונציה | צילום: Kate Green, Getty images

Le 83e Festival international du film de Venise a accueilli la première mondiale de Sur la route de Jéricho, le nouveau long-métrage du réalisateur israélien Amos Gitai, présenté hors compétition dans le cadre de Venice Open. La projection dans la prestigieuse Sala Grande s'est achevée sous des applaudissements nourris, rythmés par des slogans politiques et le déploiement d'un drapeau palestinien.

Une élégie cinématographique

Le film, centré sur les bédouins de la tribu Jahalin, mêle habilement scènes de fiction et archives documentaires. On y retrouve notamment une interview historique de l'ancien Premier ministre Yitzhak Rabin évoquant la nécessité de faire la paix avec ses ennemis, ainsi que des extraits d'œuvres antérieures de Gitai, dont la reconstitution de l'assassinat du dirigeant dans Rabin, le dernier jour.

Le cinéaste définit ainsi sa démarche :

« Mon film est une sorte de poésie, ou plutôt une élégie sur la situation actuelle dans les territoires en particulier, et en Israël en général. »

L'art face à la réalité du conflit

Interrogé sur la capacité du cinéma à transformer le réel, Gitai a plaidé pour une certaine modestie tout en convoquant la figure de Pablo Picasso et son chef-d'œuvre Guernica :

« Dans le duel direct entre Picasso et Franco, c'est Franco qui a gagné et régné pendant près de quarante ans. Mais au regard de l'histoire, c'est Picasso qui a triomphé. Ce tableau reste dans la mémoire collective comme le symbole absolu de cette époque maudite. C'est là que réside la force de la culture. »

Tout en exprimant son inquiétude face à la situation en Cisjordanie, le réalisateur s'est fermement opposé aux boycotts culturels, insistant sur l'importance cruciale du maintien du dialogue.

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