50 ans après Givat Halfon : « Colline 338 » ne reproduit pas la magie
« Colline 338 » sort pour célébrer le 50e anniversaire du classique « Givat Halfon Eina Ona ». Cependant, contrairement à l'original, ce nouveau film échoue à capturer la même alchimie comique, ressemblant davantage à un hommage creux qu'à un véritable successeur.

« Colline 338 » sort pour célébrer le 50e anniversaire de « Givat Halfon Eina Ona » (La colline de Halfon ne répond pas), réalisé par Assi Dayan d'après un scénario qu'il a écrit avec Naftali Alter. Ce n'est pas une fête particulièrement joyeuse. Tout d'abord, ils se sont trompés de date : « Givat Halfon » est sorti fin septembre 1976, à une époque où les nouveaux films israéliens sortaient pendant les fêtes de Tishri et non en été.
En fait, le tournage du film ne s'est terminé qu'au début du mois d'août, et il est sorti avec une rapidité alarmante un mois et demi plus tard, sept mois après la sortie du précédent film de Dayan et Alter, « Yofi Shel Tsarot » (La beauté des ennuis). Un total d'un million de billets ont été vendus pour deux films d'Assi Dayan en 1976. « Colline 338 » célèbre cet anniversaire festif avec un gâteau rassis de supermarché. On ne sait pas s'il s'agit d'une suite, d'un remake ou d'un sketch hommage.
Si vous regardez « Givat Halfon » aujourd'hui, vous découvrirez qu'il s'agit d'un film très bâclé ; le faible budget et la rapidité de production sont évidents dans chaque plan. Mais ces détails sont secondaires, car depuis 50 ans, comme l'admettra quiconque le regarde, c'est l'un des films israéliens les plus drôles jamais réalisés. C'est une anarchie totale, un non-sens suprême, un cabaret de mots et un barrage de punchlines. Assi Dayan avait à l'époque une seule exigence pour ses films : faire rire. Il était dévoué à 100 % au rire et renonçait au raffinement ou à l'esthétique.
Pour le public, « Givat Halfon Eina Ona » était avant tout un nouveau film de HaGashash HaHiver, le trio comique le plus réussi de l'époque. Dayan s'est assuré que le scénario soit écrit dans un « Gashashit » fluide, basé sur leurs sketches : Shayke Levi jouait Victor Hasson, Poli (Israël Poliakov) jouait Sergio Costanza, et Gavri Banai était l'homme droit dans cette folie. C'était une combinaison réussie de satire militaire et de comédie romantique.
Aujourd'hui, les ministres de la culture israéliens aiment menacer les films israéliens qui critiquent les soldats de Tsahal, mais ils apprécient à courte vue le fait que les succès les plus aimés du public israélien des années soixante-dix étaient précisément les comédies militaires, dans lesquelles il n'y avait pas de soldats héroïques, mais seulement le chaos et le manque de discipline. Depuis lors, le genre le plus réussi du cinéma israélien est la comédie militaire, de « HaLahaka » (La Troupe) à « Zéro motivation ». « Colline 338 » pourrait être le premier film de ce genre à rester sans public.
La partie la plus triste de « Colline 338 » est la dépendance aux vieux succès. Ils jouent « Ten Lasim Et HaRosh Al Diona » (Posons notre tête sur une dune) encore et encore. N'auraient-ils pas pu investir dans l'écriture de nouvelles chansons ? Le public aime « Givat Halfon » à juste titre, mais il n'est pas évident que les créateurs de « Colline 338 » l'aiment. S'il y a une chose que Dayan et les Gashashim nous ont apprise, c'est que la comédie se fait quand tout le monde est synchronisé. Au lieu d'engager des auteurs et réalisateurs talentueux pour créer quelque chose de frais, ils ont choisi de remplir le film de citations de l'original, qui arrivent sans aucun contexte. C'est difficile d'être drôle quand on se contente de copier le passé.





