Vision ou illusion ? Les écarts qui remettent en question l'annonce de Trump sur un accord à Gaza
Le président des États-Unis a récemment annoncé un accord ambitieux pour régler l'avenir de la bande de Gaza, mais les écarts entre les exigences d'Israël et la position du Hamas restent profonds. La question de la démilitarisation, du retrait de Tsahal et du contrôle du « jour d'après » soulève la question de savoir si Trump ne met pas encore une fois la charrue avant les bœufs.

La récente annonce du président des États-Unis, Donald Trump, selon laquelle le Conseil de paix pour Gaza a un futur accord global entre Israël et le Hamas, prévu pour être réalisé en quelques années, suscite un grand intérêt ainsi que de lourdes interrogations quant à sa mise en œuvre pratique. Le plan est censé changer radicalement la réalité civile et sécuritaire dans la bande de Gaza, mais un examen approfondi révèle un abîme entre la vision et la réalité.
Les principaux points du plan politique reposent sur plusieurs principes centraux :
-
Le transfert de la gestion gouvernementale totale des mains du Hamas à une force multinationale chargée de l'ordre.
-
La mise en place d'un nouveau système de police locale et civile pour gérer la vie quotidienne des habitants de Gaza.
-
Un processus graduel de démilitarisation du Hamas, effectué par étapes parallèles au retrait des forces de Tsahal vers la frontière israélienne.
-
Un programme international complet pour la réhabilitation des infrastructures et des institutions publiques détruites.
Selon les rapports, le Hamas exprime une volonté de discuter de la plupart des clauses, mais fixe une ligne rouge intransigeante concernant sa démilitarisation totale.
Les écarts profonds entre les parties
Le point central de friction réside dans l'écart entre les conditions posées par le Hamas et les exigences de sécurité d'Israël. Le Hamas conditionne son accord à une démilitarisation partielle (stockage des armes lourdes) à une série d'exigences rigides :
-
Un arrêt complet de toutes les attaques israéliennes dans la bande de Gaza.
-
Un retrait complet de Tsahal de toutes les zones comme condition préalable.
-
La réhabilitation immédiate de la bande de Gaza avec un financement international.
-
Le démantèlement de toutes les milices et forces locales soutenues par Israël.
-
Une exigence de principe pour la création d'un État palestinien.
En revanche, Israël exige une démilitarisation complète et permanente de toutes les armes en possession du Hamas. Ce n'est qu'après l'achèvement total de ce processus qu'un retrait israélien vers les frontières du pays pourra avoir lieu.
Entre vision politique et réalité
Malgré l'annonce en grande pompe de Trump, il semble qu'il s'agisse d'un processus dépourvu de base pratique. Ni Israël ni le Hamas n'ont officiellement approuvé ce plan. Cette manière de faire caractérise la tendance du président américain à cultiver des visions lointaines qui restent souvent des rêves chimériques, ne parvenant pas à résister à l'épreuve de la réalité complexe de l'arène du Moyen-Orient.
L'auteur est général de division (rés.). Il a servi dans le corps blindé en tant que commandant de brigade, de division et de corps d'armée, et a été commandant des collèges militaires. Il a combattu pendant la guerre de Kippour et a été décoré de la médaille de la bravoure. Il a servi pendant environ une décennie en tant que médiateur des plaintes des soldats.




