Des milliers de créatures bleues en forme de voile envahissent les plages d'Europe

Des milliers de Velella velella, surnommées « barques de la Saint-Jean », se sont échouées sur les côtes britanniques et européennes. Leur apparition estivale a suscité la panique chez les baigneurs craignant la redoutable galère portugaise.

Israel HayomAuteur : Stav Tabuch
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Des milliers de créatures bleues en forme de voile envahissent les plages d'Europe
Photo : Israel Hayom / "הספן של הרוח". מטילה אימה באירופה | צילום: Getty Images

Une mystérieuse invasion bleue sur les côtes européennes

Les vacanciers et les promeneurs le long des côtes de l'Europe de l'Ouest et du Royaume-Uni sont confrontés ces derniers jours à un spectacle surprenant : des milliers de disques d'un bleu profond échoués sur le sable, ressemblant à des débris de plastique coloré ou à des jouets marins égarés.

Une observation attentive révèle pourtant un organisme vivant fascinant : la vélelle (Velella velella), communément appelée « barque de la Saint-Jean » ou « méduse volette ».

Tout comme la redoutable galère portugaise (physalie) qui a semé l'inquiétude sur les côtes espagnoles et françaises ces dernières semaines, la vélelle n'est pas une véritable méduse. Il s'agit d'un hydrozoaire colonial complexe, un assemblage de minuscules polypes fonctionnant en parfaite synergie pour se nourrir, chasser et se reproduire.

Au centre de son corps se trouve un squelette cartilagineux ovale et rigide doté de chambres à air concentriques qui lui assurent une flottabilité parfaite. Au-dessus se dresse une « voile » triangulaire transparente, lui permettant de capter les vents pour dériver sur l'eau, l'animal étant dépourvu de tout moyen de locomotion propre.

Sa couleur bleu-indigo caractéristique provient de l'astaxanthine, un pigment qui lui sert de camouflage et filtre les rayons UV nocifs lorsqu'elle flotte à la surface des eaux chaudes.

Sous le disque flottant, des polypes spécialisés capturent le plancton et les œufs de poisson. Cependant, l'apparition soudaine de ces bancs massifs a provoqué un vent de panique parmi les baigneurs et les surfeurs, encore marqués par la présence estivale de physalies hautement venimeuses.

Panique face au « sosie » de la galère portugaise

Au cours de la semaine dernière, de nombreux échouages massifs de vélelles ont été signalés sur des plages britanniques populaires, notamment à Appledore dans le Devon, sur les côtes du Pays de Galles et dans la baie de St Bees en Cumbrie. Des phénomènes similaires ont été observés dans plusieurs baies d'Europe occidentale.

La proximité temporelle avec les cas de piqûres graves de galères portugaises en août a immédiatement suscité l'inquiétude. Sur les réseaux sociaux et les forums maritimes, des témoignages ont fait état de baigneurs fuyant l'eau à la vue de ces colonies bleues, craignant le venin paralysant de la physalie.

Les scientifiques et experts marins ont toutefois rapidement tenu à rassurer le public :

« Contrairement à sa redoutable cousine, la Velella velella n'est pas mortelle pour l'homme. Ses filaments pêcheurs sont microscopiques et destinés uniquement à de minuscules proies. Ses toxines sont presque incapables de traverser la peau humaine. »

Néanmoins, les associations de protection de la nature appellent à la prudence : le fait que la vélelle soit inoffensive ne signifie pas qu'il faille la manipuler. Un contact avec les yeux ou une peau irritée après avoir touché l'animal peut provoquer des irritations douloureuses.

Une anomalie estivale liée aux vents

Habituellement, les échouages de vélelles sur les côtes britanniques surviennent principalement durant les mois d'hiver sous l'effet des tempêtes. Leur apparition en grand nombre en plein été suscite donc l'intérêt des biologistes.

Selon les informations du quotidien britannique The Guardian, une combinaison d'eaux côtières relativement calmes et de régimes de vents particuliers a poussé ces colonies marines vers le littoral. De plus, les températures record de l'océan cette année mettent en lumière la résilience de l'espèce, son pigment bleu la protégeant efficacement du rayonnement solaire en surface.

Toutefois, la dépendance absolue de la vélelle vis-à-vis du vent la rend extrêmement vulnérable. Dès que les brises soufflent vers la terre, les colonies ne peuvent lutter contre le courant et s'échouent en masse, mourant rapidement par déshydratation.

Conseils de vigilance et distinction avec la physalie

Pour éviter toute panique inutile et ne pas confondre la vélelle avec une physalie venimeuse, les autorités sanitaires et environnementales rappellent quelques règles simples :

  • Observer la structure (sans toucher) : la vélelle possède un disque plat et rigide de quelques centimètres surmonté d'une voile transparente oblique. Elle n'a pas de longs filaments traînants, contrairement à la galère portugaise dont le corps ressemble à un ballon gonflé bleu-violet doté de très longs tentacules urticants.

  • Garder son calme : la présence d'un tapis bleu sur le sable ou dans l'eau ne présente pas de danger systémique.

  • Se laver les mains : en cas de contact accidentel, rincez immédiatement à l'eau de mer ou à l'eau savonneuse. Les cellules urticantes sont fragiles mais peuvent irriter les muqueuses.

  • Protéger les animaux de compagnie : les chiens peuvent tenter d'ingérer des vélelles sur la plage, ce qui peut provoquer des troubles digestifs, des vomissements ou de la diarrhée.

  • Éviter de toucher le visage : se frotter les yeux ou le nez après avoir touché une vélelle provoquera une sensation de brûlure locale.

  • Règle d'or : les courants marins pouvant mélanger les espèces, évitez tout contact physique si vous n'êtes pas certain à 100 % de l'identification de l'animal. En cas de légère irritation due à une vélelle, un simple rinçage à l'eau de mer suffit.

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