Washington sanctionne des banques turques et frappe des pétroliers iraniens
Les États-Unis ont sanctionné la banque turque Golden Global pour financement du CGRI, tandis que le CENTCOM a frappé des pétroliers iraniens dans le détroit d'Ormuz sur fond d'échéance des pouvoirs militaires de Donald Trump.

Mercredi prochain marquera l'expiration du délai de 60 jours permettant au président américain de mener des opérations militaires indépendantes sans l'approbation du Congrès. Cette contrainte légale place la Maison Blanche à un carrefour politique et juridique complexe quant à la suite de la campagne.
L'une des options consiste à utiliser la force uniquement pour protéger les troupes américaines stationnées dans la région sans autorisation préalable, limitant les actions à des mesures défensives et préventives pour éviter une guerre totale. Cette approche correspond à la politique menée par le président Donald Trump ces dernières semaines, axée sur la protection du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, le blocus économique et la traque des institutions financières qui aident le régime iranien à contourner les sanctions.
Ainsi, les États-Unis ont imposé de lourdes sanctions contre des filiales d'une banque égyptienne aux Émirats arabes unis qui aidaient Téhéran à convertir des yuans chinois en dollars. La Chine paie le pétrole brut iranien dans sa propre monnaie, obligeant l'Iran à le convertir via des institutions financières offshore. Mais alors que les Émirats arabes unis s'alignent sur Washington en annonçant une rupture financière avec l'Iran, la Turquie continue d'apporter son aide.
La Turquie, plaque tournante financière de l'Iran
L'ambassadeur des États-Unis en Turquie, Tom Barrack, a annoncé des sanctions contre la banque turque Golden Global et deux de ses filiales. Ces entités ont non seulement facilité le contournement des sanctions et converti des fonds pour des sociétés liées au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), mais ont également aidé à des transferts de fonds clandestins durant le conflit actuel. Le département d'État américain accuse la banque de financer des activités terroristes au Moyen-Orient.
Barrack, dans un message sur X, a tenté de défendre la Turquie en affirmant que cet incident ne devait pas jeter le discrédit sur l'ensemble du système financier turc. Cependant, des sources financières au fait des opérations américaines affirment que la Turquie est devenue la principale plateforme par laquelle le CGRI, le Hezbollah et le Hamas gèrent leurs transactions financières.
Selon ces sources, un réseau de sociétés turques créées par le CGRI sous couvert d'activités commerciales légitimes constitue un pilier du système financier des Gardiens. Ce réseau, cible prioritaire de la guerre économique américaine, représente le dernier canal de financement du régime, empêchant l'effondrement des forces de sécurité iraniennes, du CGRI aux milices Basij, qui font rempart contre la chute du régime.
Bien que le ministère turc des Finances maintienne un dialogue régulier avec les Américains, les sources dénoncent une lenteur bureaucratique et un manque d'action.
Une source financière a déclaré :
« L'institution financière en question a été démasquée grâce à des renseignements externes. Ce n'est qu'après la présentation de ces preuves au gouvernement turc que celui-ci a consenti à coopérer. Il existe des dizaines d'autres structures similaires, et l'administration d'Erdogan ne semble pas pressée de les identifier. »
Le Hamas et le Hezbollah ont transféré leurs centres financiers en Turquie au cours de la dernière décennie avec le soutien des autorités locales. Selon des informations partagées par Israël et les États-Unis, le Hezbollah y gère ses réseaux criminels mondiaux, incluant le trafic de drogue et le recel de véhicules.
Le Hamas utilise des sociétés turques pour piloter ses réseaux de collecte de fonds (« Dawah ») en Europe. Présentés comme caritatifs, ces fonds servent en réalité à maintenir les capacités militaires du groupe et à financer sa reconstruction dans la bande de Gaza. De plus, plusieurs hauts dirigeants de la branche armée du Hamas résident en Turquie, d'où ils coordonnent les opérations en Cisjordanie.
Escalade dans le détroit d'Ormuz
Parallèlement, une escalade majeure est signalée dans le détroit d'Ormuz, témoignant d'un changement de posture américain. Selon des rapports régionaux et des communiqués du CENTCOM, les forces américaines ont attaqué trois pétroliers iraniens, parallèlement à des frappes signalées sur l'île stratégique de Kharg, principal terminal d'exportation de brut de l'Iran.
Un pétrolier a été détruit près d'Oman, tandis que deux autres ont été gravement endommagés et mis hors service. Le CENTCOM a précisé que ces frappes constituaient une réponse à des tirs de missiles iraniens contre des navires de guerre américains.
Ces événements surviennent alors que le président Donald Trump a averti que les États-Unis surveillaient de près toute activité sur le site nucléaire souterrain d'Ispahan et à travers l'Iran, promettant une riposte sévère à toute violation.
Les États-Unis ayant paralysé les exportations de brut iranien, ils ciblent désormais la flotte fantôme de l'Iran dans l'océan Indien pour empêcher toute reprise des livraisons vers la Chine. L'administration américaine envisage de saisir ces navires et de confisquer leur cargaison, qui constitue l'ultime ressource financière du régime.





