La Floride menace les entreprises britanniques après le projet de boycott d'Israël
Le représentant américain Randy Fine avertit que les entreprises britanniques respectant le boycott des implantations risquent d'être exclues des marchés publics en Floride. Plus de 30 États américains disposent de lois anti-BDS similaires.

La Floride menace de boycotter les entreprises britanniques
Alors que le gouvernement britannique s'apprête à imposer un boycott commercial sur les produits et services liés aux implantations israéliennes en Cisjordanie, une contre-offensive se dessine aux États-Unis, menaçant de transformer un différend diplomatique en un affrontement économique majeur.
Le représentant républicain Randy Fine a averti lundi que les entreprises britanniques contraintes de se conformer à la nouvelle politique de Londres risquaient de perdre l'accès aux marchés publics en Floride. Fine, auteur de la législation anti-boycott de la Floride lorsqu'il siégeait au Parlement de l'État, a rappelé la fermeté de la législation locale.
Le représentant Randy Fine a déclaré :
« Alors que le gouvernement britannique envisage de contraindre les entreprises britanniques à boycotter certaines parties d'Israël, il doit savoir qu'une loi de Floride que j'ai fait adopter interdira à toute entreprise britannique contrainte de s'y conformer de faire des affaires avec le gouvernement de l'État ou les autorités locales. »
Fine a souligné que la Floride est l'un des principaux partenaires commerciaux du Royaume-Uni, avertissant que cette politique pourrait coûter des milliards de dollars à l'économie britannique. « La Floride a été claire : toute entreprise ou pays qui boycotte Israël est boycotté par la Floride », a-t-il ajouté.
Enjeux économiques et précédent Airbnb
Les enjeux financiers sont considérables. Le commerce de marchandises entre la Floride et le Royaume-Uni s'est élevé à 4,1 milliards de dollars en 2025, et les entreprises britanniques soutiennent plus de 88 000 emplois dans l'État. Selon SelectFlorida, le Royaume-Uni est également le premier investisseur étranger en Floride.
La loi de Floride définit le boycott d'Israël comme une réduction discriminatoire des relations commerciales avec Israël, les entreprises qui y opèrent ou les entités situées dans les « territoires sous contrôle israélien ». Elle permet d'inscrire les entreprises sur une liste noire, de retirer les investissements des fonds de pension publics et de limiter leurs contrats avec l'État et les municipalités.
Fine a cité en exemple la confrontation de 2019 avec Airbnb. La plateforme de location avait été placée sur la liste noire de la Floride après avoir décidé de retirer environ 200 logements situés dans les implantations de Cisjordanie. Sous la pression de la Floride, d'autres États américains et de poursuites judiciaires, l'entreprise était revenue sur sa décision quelques mois plus tard.
Une opposition américaine généralisée
La Floride n'est pas un cas isolé. Plus de 30 États américains disposent actuellement de lois ou de décrets contre le mouvement de boycott d'Israël (BDS). Au moins 17 d'entre eux possèdent une législation ciblant explicitement les activités dans les « territoires sous contrôle israélien », notamment le Texas, l'Arizona, la Caroline du Nord, l'Arkansas, l'Oklahoma, le Kansas et l'Ohio.
Au niveau fédéral, Washington a également exprimé sa ferme opposition. Le Département d'État américain a réaffirmé qu'il « s'oppose fermement » aux tentatives d'isoler économiquement Israël. La semaine dernière, la diplomatie américaine a confirmé qu'elle « suivait de près » le projet britannique et que des discussions avaient eu lieu avec l'ambassade du Royaume-Uni à Washington.
De plus, la loi fédérale américaine interdit aux entreprises américaines de participer à des boycotts étrangers non soutenus par Washington. Si le département du Commerce détermine que le boycott britannique entre dans cette catégorie, les multinationales opérant dans les deux pays pourraient se retrouver face à des obligations juridiques contradictoires.
Cette tension survient alors que le Premier ministre britannique Andy Burnham s'est entretenu lundi avec le président américain Donald Trump. Bien que Downing Street ait indiqué que Burnham avait réaffirmé son soutien à une solution à deux États, les communiqués officiels n'ont pas mentionné explicitement le projet de boycott.




