Une mesure sans précédent : le club italien qui a décidé d'interdire le jeu de tête

Le club de football italien Como, évoluant en première division, a annoncé une interdiction totale du jeu de tête dans son académie de jeunes pour les catégories les plus jeunes afin de prévenir les lésions cérébrales. Une initiative menée par l'ancien joueur Raphaël Varane.

Source
Une mesure sans précédent : le club italien qui a décidé d'interdire le jeu de tête
Photo : Now14 / רפאל וראן | צילום: שאטרסטוק, Dokshin Vlad

Le club de football italien Como, qui évolue en première division italienne, a annoncé la mise en œuvre d'un programme innovant et révolutionnaire au sein de son académie de jeunes. Dans le cadre de cette nouvelle politique, il a été décidé d'interdire totalement le jeu de tête dans les catégories d'âge les plus jeunes. Cette mesure vise à réduire le risque de lésions cérébrales cumulatives et de commotions cérébrales à des âges où le cerveau est encore à des stades de développement critiques.

L'initiative et son encadrement sont promus par l'ancien défenseur de l'équipe de France, du Real Madrid et de Manchester United, Raphaël Varane. Le défenseur, qui a pris sa retraite sportive sous les couleurs de Como et siège actuellement au conseil éducatif du club, a partagé son expérience personnelle concernant les dangers des traumatismes crâniens :

« D'après mon expérience personnelle, quand j'avais 16 ans, j'ai subi deux commotions cérébrales graves, j'étais donc très conscient du risque ».

Varane a ajouté qu'au cours de sa carrière, il a rencontré des professionnels de santé auprès desquels il a beaucoup appris sur les conséquences à long terme de ce type de blessures.

« Le cerveau est encore en croissance »

Dans sa déclaration officielle au nom du club, Varane a souligné l'importance de protéger les jeunes athlètes : « J'ai déjà parlé plusieurs fois par le passé de la nécessité de prendre au sérieux les traumatismes crâniens dans le football, et de la nécessité absolue de protéger nos enfants ». Varane a expliqué la logique derrière cette approche progressive : « Pour les jeunes joueurs, la meilleure approche consiste à établir des règles claires, un entraînement approprié, une compréhension et la diffusion d'une culture où le bien-être et la sécurité sont la priorité absolue. Ce parcours réduit les contacts inutiles aux âges les plus jeunes, lorsque le cerveau est encore en croissance, puis enseigne la technique de la bonne manière, étape par étape, avec le contrôle approprié ».

Selon le nouveau plan du club, les équipes d'enfants jusqu'à 11 ans ne joueront pas du tout de la tête, ni à l'entraînement ni lors des matchs officiels. Au lieu de cela, les corners seront relancés par une passe basse sur le gazon, et les touches seront effectuées par une passe basse au pied. À partir de 12 ans, les joueurs seront initiés à la technique du jeu de tête avec prudence et de manière progressive : la pratique sera limitée à une fois par mois au maximum, en utilisant des ballons en caoutchouc légers et avec un plafond de 5 têtes maximum par joueur à l'entraînement.

Les entraîneurs utiliseront cela pour améliorer la technique

Au-delà de l'aspect sanitaire, le club note que ce changement devrait améliorer les capacités techniques et tactiques des jeunes joueurs. Les entraîneurs mettront davantage l'accent sur le temps de contact avec le ballon, le contrôle au pied, l'analyse du terrain et la prise de décision rapide et calme sous pression. Como rejoint ainsi une tendance croissante en Europe, à l'instar des fédérations de football comme celles d'Angleterre et de France qui ont commencé à imposer des restrictions similaires sur le jeu de tête chez les jeunes.

Dans la même rubrique