Un prix Nobel pour les enfants de Gaza ? L'initiative qui fait débat en Italie

Une proposition visant à décerner le prix Nobel de la paix aux enfants de Gaza, portée par un professeur italien, suscite une vive controverse. Si l'initiative reçoit le soutien de certains milieux politiques, la communauté juive d'Italie dénonce une démarche partiale qui occulte les victimes israéliennes et la responsabilité du Hamas.

YnetAuteur : Daniele Bettini
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Un prix Nobel pour les enfants de Gaza ? L'initiative qui fait débat en Italie
Photo : Ynet / צילום: Omar AL-QATTAA / AFP

En Italie, la situation dans la bande de Gaza et le sort des enfants gazaouis occupent une place prépondérante dans le débat public. Une nouvelle polémique a éclaté après la publication, dans le journal catholique « Avvenire », d'une initiative du professeur de philosophie Eugenio Mazzarella, de l'université de Naples, appelant à décerner le prix Nobel de la paix aux enfants de la bande de Gaza.

S'appuyant sur des données de l'ONU, le professeur Mazzarella affirme qu'un enfant meurt chaque jour dans la bande de Gaza depuis le dernier cessez-le-feu. Il soutient qu'une telle distinction permettrait de mettre en lumière la situation tragique des mineurs. Cette pétition a déjà recueilli des milliers de signatures, notamment parmi les syndicats et le clergé. La dirigeante du « Parti démocrate », Elly Schlein, a apporté son soutien, soulignant l'urgence humanitaire à Gaza, tandis que le prêtre franciscain Ibrahim Faltas a estimé que cette initiative redonnerait de la valeur au concept de paix.

À l'inverse, la communauté juive d'Italie a vivement critiqué cette proposition. Walter Magnaghi, président de la communauté juive de Milan, a qualifié cette démarche d'« apartheid moral », arguant qu'elle nie l'existence des enfants juifs victimes d'une guerre qu'Israël n'a pas voulue. Daniele Nahoum, membre juif du conseil municipal de Milan, a suggéré que si un prix Nobel devait être attribué à des enfants victimes de conflits, il devrait inclure tous les enfants, y compris ceux massacrés en Israël le 7 octobre, ainsi que ceux d'Ukraine et du Soudan. Nahoum a rappelé la responsabilité du Hamas, qui utilise les enfants comme boucliers humains, et a dénoncé l'usage du terme « génocide » comme un récit visant à attiser l'antisémitisme.

Bien que le règlement du prix Nobel limite généralement les récompenses aux personnes vivantes (avec un maximum de trois lauréats par catégorie), les médias italiens soulignent que l'article 5 du règlement permettrait théoriquement de nominer des candidats œuvrant au bien-être des enfants de Gaza, sans pour autant que les enfants eux-mêmes soient les lauréats directs.

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