Un nouveau sondage révèle : les destinations préférées des Israéliens sont les plus antisémites d'Europe
Un rapport de l'Anti-Defamation League (ADL) indique que Chypre et la Grèce sont en tête de l'indice de l'antisémitisme dans l'UE. Le chiffre stupéfiant : bien que plus de la moitié des citoyens croient que « les Juifs contrôlent l'économie », environ 90 % soutiennent la poursuite des liens avec Israël et l'arrivée des touristes israéliens.
Ces dernières années, un rapprochement significatif a été observé entre Israël, la Grèce et la République de Chypre, les trois pays travaillant à approfondir leur coopération dans les domaines de l'énergie, de la sécurité et des infrastructures. Cependant, parallèlement aux relations politiques étroites, de nouvelles données indiquent une image préoccupante de l'opinion publique : Chypre et la Grèce affichent les taux les plus élevés d'attitudes antisémites parmi les pays de l'Union européenne inclus dans le sondage.
Un nouveau sondage mondial de l'Anti-Defamation League (ADL), basé sur l'indice Global 100, a révélé que Chypre enregistre le taux le plus élevé d'attitudes antisémites parmi les pays de l'UE testés. Selon les résultats, 58 % des répondants dans le pays ont été classés comme ayant un niveau accru d'attitudes antisémites. L'indice est basé sur les réponses à 11 affirmations concernant les Juifs et les stéréotypes antisémites, notamment sur leur influence supposée sur la politique, l'économie, les médias et leur responsabilité dans les guerres mondiales.
Méthodologie et résultats clés
Un participant est défini comme ayant un niveau accru d'attitudes antisémites s'il convient qu'au moins six des 11 affirmations sont « probablement vraies » ou « absolument vraies ». Il est important de noter que le sondage ne mesure pas l'ampleur des incidents antisémites, mais la prévalence des stéréotypes et des préjugés. Selon les données de l'ADL, ce résultat place Chypre à la 82e place sur 103 pays et territoires inclus dans l'étude.
Certains stéréotypes ont reçu un accord particulièrement large. À Chypre, 81 % des répondants ont convenu que les Juifs ont trop de pouvoir dans le monde des affaires, et 39 % ont estimé que la loyauté des Juifs va uniquement à l'État d'Israël. De plus, environ un cinquième des répondants ont affirmé que l'Holocauste a bien eu lieu mais que le nombre de victimes a été exagéré — un taux nettement supérieur à la moyenne régionale, qui s'élève à 6 %.
Le paradoxe : attitudes négatives et soutien aux liens
Le sondage a également examiné les attitudes envers Israël et les Palestiniens. Seuls 38 % des répondants à Chypre ont exprimé une attitude positive envers Israël, contre 57 % envers les Palestiniens. Cependant, l'écart entre ces attitudes et le soutien aux liens bilatéraux est frappant : 81 % des Chypriotes interrogés soutiennent le maintien des relations diplomatiques avec Israël, et 90 % soutiennent l'accueil des touristes israéliens. Ces données illustrent qu'en dépit des stéréotypes antisémites, une grande majorité du public chypriote est intéressée par la poursuite des liens politiques, économiques et touristiques.
La Grèce et le contexte européen
La Grèce, l'un des partenaires régionaux les plus proches d'Israël, se trouve juste après Chypre avec 50 % de répondants classés comme ayant un niveau accru d'attitudes antisémites. Les théories du complot sont particulièrement prégnantes en Grèce : environ deux tiers des répondants croient qu'un petit groupe de personnes contrôle secrètement les événements mondiaux majeurs, un taux bien supérieur à la moyenne régionale de 39 %.
La Belgique occupe la troisième place parmi les pays d'Europe occidentale avec 30 %. À titre de comparaison, la moyenne en Europe occidentale n'est que de 17 %. En Europe de l'Est, une moyenne régionale beaucoup plus élevée de 49 % a été enregistrée, avec la Russie, la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro parmi les pays affichant des taux élevés.
La dernière étude de l'ADL a inclus plus de 58 000 adultes dans 103 pays. À l'échelle mondiale, 46 % des répondants ont été classés comme ayant un niveau accru d'attitudes antisémites, ce qui représente environ 2,2 milliards d'adultes — le chiffre le plus élevé enregistré depuis le lancement de l'indice Global 100 en 2014. Les chercheurs s'inquiètent particulièrement de l'écart intergénérationnel : 50 % des moins de 35 ans atteignent le seuil d'attitudes antisémites accrues, contre 37 % chez les plus de 50 ans.


