Un haut responsable iranien avertit qu'une crise économique menace la stabilité du régime

Le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a averti que la puissance militaire ne suffit pas à maintenir le pays si les citoyens ont faim et que l'économie stagne. Ces propos interviennent alors que la pression économique américaine s'intensifie et que le président Massoud Pezeshkian appelle à mettre fin à la guerre.

Now14Auteur : Efrat Briner
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Un haut responsable iranien avertit qu'une crise économique menace la stabilité du régime
Photo : Now14 / מוחמד קאליבאף, יו"ר הפרלמנט האיראני | צילום: רויטרס

Une autre déclaration inhabituelle a été entendue aujourd'hui, vendredi, au sommet du régime iranien : le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a averti que même la puissance militaire ne suffit pas pour permettre au pays de tenir bon lorsque ses citoyens ont faim et que l'économie ne croît pas. Ses propos interviennent à une époque où l'Iran est confronté à une pression économique américaine croissante, et le jour même où le président Massoud Pezeshkian a déclaré qu'« il vaut mieux que nous mettions fin à la guerre maintenant ».

Ghalibaf a directement lié la situation économique de l'Iran à sa capacité à maintenir sa puissance sécuritaire sur le long terme :

« Peu importe la puissance militaire dont nous disposons, si le peuple a faim, et s'il n'y a pas de mouvement de capitaux et de croissance économique – nous ne pourrons pas tenir ».

Il a poursuivi en précisant que, de son point de vue, il est impossible de séparer les deux domaines : « La sécurité et l'économie sont deux choses qui dépendent l'une de l'autre. Si nous établissons la sécurité, mais que nous ne l'accompagnons pas d'une économie qui garantit sa continuité, la sécurité ne sera pas durable ». La signification de ces propos est claire : selon l'un des hauts responsables du régime, les missiles, les armes et la puissance militaire ne peuvent pas, à eux seuls, garantir la pérennité de l'Iran dans le temps. Sans une économie capable de soutenir le pays et ses citoyens, même les acquis en matière de sécurité pourraient ne pas suffire.

Les propos de Ghalibaf prennent une importance supplémentaire car ils s'accompagnent d'un autre message inhabituel entendu au sommet de l'Iran. Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré qu'à son avis, le moment est venu de mettre fin à la guerre. Bien qu'il ait présenté cette démarche comme quelque chose qui doit être fait depuis une position de force et non par capitulation, l'appel même à mettre fin au conflit se distingue sur fond de rhétorique belliqueuse entendue depuis Téhéran :

« Il vaut mieux que nous mettions fin à la guerre maintenant, alors que nous sommes en position de force et de dignité ».

Il n'a pas présenté les choses comme un aveu de défaite, mais a plutôt affirmé que l'Iran est dans une position qui lui permet de mettre fin au conflit sans donner l'impression d'avoir capitulé.

Cette déclaration intervient alors que Washington accroît la pression économique sur l'Iran. L'administration américaine a annoncé l'intensification de la campagne économique contre Téhéran, centrée sur une tentative de nuire aux revenus pétroliers et aux facteurs qui aident l'Iran à vendre du pétrole, à transférer des fonds et à contourner les restrictions.

Le lien entre la situation économique et la stabilité interne n'est pas évoqué pour la première fois dans les propos de Ghalibaf. Cependant, cette fois, la formulation est particulièrement tranchante : le président du Parlement ne parle pas seulement de la nécessité d'améliorer le niveau de vie, mais lie la capacité de l'Iran à « tenir » à la question de savoir si les citoyens ont faim et si le mouvement des capitaux et la croissance existent.

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