Israël et les États-Unis mobilisés contre l'interdiction britannique

Israël et les États-Unis intensifient leurs efforts diplomatiques pour empêcher la France et d'autres pays européens de s'associer à l'interdiction britannique du commerce avec les implantations. Jérusalem redoute un précédent dangereux, tandis que Washington agite la menace de lois anti-boycott.

MaarivAuteur : אנה ברסקי
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Israël et les États-Unis mobilisés contre l'interdiction britannique
Photo : Maariv / הפגנה פרו פלסטינית בלונדון | צילום: רויטרס

Israël et les États-Unis mènent depuis peu des efforts diplomatiques intenses pour contrer l'élargissement des mesures britanniques ciblant les implantations et empêcher la France ainsi que d'autres pays européens de s'y joindre. À Jérusalem, les responsables estiment qu'à ce stade, il sera extrêmement difficile d'annuler la décision britannique, concentrant les efforts sur la prévention d'un précédent : isoler la Grande-Bretagne et contrecarrer un scénario où l'interdiction du commerce avec les implantations serait progressivement adoptée par d'autres puissances occidentales.

Pression accrue et implication américaine

Dans ce contexte, les messages adressés à Londres se sont durcis et l'implication américaine s'est intensifiée. Israël signale que cette décision aura des conséquences sur les relations bilatérales, tandis que des avertissements résonnent déjà aux États-Unis concernant le prix potentiel que les entreprises britanniques pourraient payer pour leurs activités sur le marché américain. L'interdiction des importations en provenance des implantations ne devrait pas, en soi, causer de dommages économiques massifs à Israël.

Jérusalem s'inquiète beaucoup plus de voir cette démarche légitimer des actions similaires dans d'autres pays. La France se trouve actuellement au centre de la campagne diplomatique. Selon des informations parvenues à Israël, la Grande-Bretagne tente de rallier d'autres pays européens à ces mesures, et Paris examine cette possibilité. Aucune décision française officielle n'a encore été publiée, et l'examen de cette mesure ne présage pas nécessairement d'une adoption.

Cependant, Jérusalem accorde une importance toute particulière à la position que formulera Paris. Si Paris emboîte le pas à Londres, il sera bien plus difficile de présenter la mesure comme une initiative britannique isolée. Une action conjointe de deux puissances européennes majeures pourrait donner une impulsion à des démarches similaires dans d'autres capitales.

Menaces de représailles et considérations juridiques

Des travaux diplomatiques discrets se déroulent en parallèle. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar a déjà transmis un message direct au chef de la diplomatie britannique David Mlam (Ed Miliband) avertissant que si la Grande-Bretagne agit contre Israël, l'État hébreu répliquera. M. Sa'ar a déclaré publiquement qu'Israël dispose d'« outils » et se prépare à des mesures de rétorsion, tout en s'abstenant de les détailler. Cette imprécision renforce la pression exercée par Israël.

Le président Isaac Herzog s'est également joint à l'effort diplomatique, mettant en garde contre des sanctions et des boycotts qu'il a qualifiés de grave erreur de calcul. De leur côté, les États-Unis multiplient les avertissements par le biais de l'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, qui a souligné que la décision britannique pourrait exposer des entreprises britanniques à des risques juridiques en vertu des lois anti-boycott en vigueur dans divers États américains.

L'administration Trump n'a prononcé aucune sanction fédérale à ce stade, mais l'écart entre le volume des échanges liés aux implantations et les intérêts majeurs des entreprises européennes sur le marché américain pourrait inciter le secteur privé à intervenir si des contrats étaient menacés.

Le rôle des organisations non gouvernementales

Le professeur Gerald Steinberg, président de l'institut de recherche NGO Monitor, a déclaré :

« Les décisions du gouvernement britannique sont le résultat direct d'un lobbying mené par des organisations anti-israéliennes, notamment Amnesty International, la Campagne de solidarité avec la Palestine et d'autres groupes radicaux. Comme nous l'avons démontré dans notre récente recherche, ce sont exactement ces organisations qui ont alimenté les manifestations antisémites dans les rues britanniques. »

Il a ajouté :

« Le gouvernement britannique ne doit pas permettre à ces acteurs radicaux, dont la rhétorique alimente l'antisémitisme, de dicter sa politique étrangère et de normaliser un agenda susceptible de mener à des violences contre les juifs. »

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