Trump transmet au Congrès un accord nucléaire avec l'Arabie saoudite incluant la « condition israélienne »
Cet accord historique de 30 ans accorde aux entreprises américaines un rôle central dans le développement de l'infrastructure nucléaire saoudienne tout en excluant les concurrents étrangers. Trump insiste sur le fait que l'accord ne sera promu que si le royaume normalise ses relations avec Israël, une condition ajoutée à la dernière minute. Le point de discorde, à savoir l'enrichissement d'uranium sur le sol saoudien, promet des mois de débats au Congrès.

Le président américain Donald Trump a transmis au Congrès pour examen un accord nucléaire historique avec l'Arabie saoudite, tout en maintenant la condition qu'il avait posée à la dernière minute : exiger que le royaume normalise ses relations avec Israël. C'est ce qu'a rapporté le Wall Street Journal en s'appuyant sur une source au sein de l'administration américaine.
Cette démarche devrait déclencher des mois de débats intenses parmi les législateurs sur la manière de renforcer l'industrie nucléaire américaine tout en freinant la prolifération des armes de destruction massive au Moyen-Orient.
Lorsque les responsables de l'administration ont dévoilé l'accord, d'une durée de 30 ans, le mois dernier, ils ont indiqué qu'il accorderait aux entreprises américaines un rôle central dans le développement de l'infrastructure nucléaire de l'Arabie saoudite, tout en excluant les concurrents étrangers de la scène.
Cependant, l'accord s'est révélé controversé car il pourrait ouvrir la voie à l'enrichissement d'uranium sur le sol saoudien, ce qui constitue le point le plus sensible de l'accord, suscitant des craintes quant à la prolifération de capacités nucléaires à potentiel militaire.
Des années de négociations
L'accord, signé fin juillet entre le secrétaire américain à l'Énergie Chris Wright et le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, est le fruit de contacts ayant duré des années — tant sous le premier mandat de Trump que sous l'administration de Joe Biden — qui n'avaient pas abouti, notamment en raison des avertissements des organisations de non-prolifération nucléaire.
Au cœur du différend se trouvait l'exigence de l'Arabie saoudite de se réserver la possibilité d'enrichir de l'uranium et de retraiter le combustible nucléaire — des activités qui pourraient servir un programme civil, mais aussi constituer une étape vers la production de matière fissile pour des armes.
À titre de comparaison, les Émirats arabes unis ont renoncé à l'enrichissement et au retraitement lorsqu'ils ont signé un accord similaire avec les États-Unis en 2009. Trump a ajouté la condition de reconnaissance d'Israël le lendemain de la signature ; la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a précisé par la suite que sans normalisation des relations avec Israël, « l'accord ne verrait pas le jour ». L'Arabie saoudite, de son côté, a déclaré à maintes reprises qu'elle ne reconnaîtrait pas Israël sans progrès vers la création d'un État palestinien.


