Trump, l'« ingénieur », exige des changements coûteux sur les porte-avions

Après avoir ordonné le retour aux systèmes de lancement à vapeur, Donald Trump envisage désormais de déplacer la tour de commandement au centre des futurs porte-avions pour leur donner un aspect « Seconde Guerre mondiale ». Les experts alertent sur des coûts se chiffrant en milliards et des retards majeurs, tandis que les critiques dénoncent une ingérence technique inappropriée.

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Trump, l'« ingénieur », exige des changements coûteux sur les porte-avions
Photo : Ynet / צילום: METAXAKIS / AFP, AP Photo / Alex Brandon

Le président américain Donald Trump, qui s'implique de plus en plus dans la conception de la future génération de navires de l'US Navy, poursuit son ingérence sans précédent dans les choix techniques de la marine. Selon un rapport du « Washington Post », l'administration étudie une modification coûteuse : déplacer l'« îlot »—la tour abritant la passerelle de commandement et les systèmes radar—vers le centre des futurs porte-avions. Trump juge le design actuel de la classe « Gerald Ford », où la tour est située à l'arrière, peu esthétique et souhaite revenir à une configuration rappelant les navires de la Seconde Guerre mondiale.

La marine avait déjà examiné cette option lors du premier mandat de Trump, concluant à l'époque que les coûts et les délais de construction seraient prohibitifs. Les experts soulignent que la position actuelle de la tour est le fruit d'études approfondies sur l'efficacité et la sécurité, permettant notamment d'optimiser l'espace pour les catapultes électromagnétiques et de réduire les turbulences aériennes lors de l'appontage.

Brian Clark, ancien officier de la marine et chercheur à l'Institut Hudson, explique qu'un tel changement nécessiterait une refonte complète de la structure, affectant la flottabilité et le poids du navire. « C'est techniquement possible, mais cela entraînerait des perturbations majeures », précise-t-il.


Cette initiative fait suite à un décret présidentiel imposant le retour aux catapultes à vapeur au détriment des systèmes électromagnétiques de la classe « Ford ». Trump a souvent qualifié ces derniers de « trop complexes » et peu fiables. Toutefois, les experts soulignent un obstacle logistique de taille : l'infrastructure nécessaire à la production de catapultes à vapeur a largement disparu depuis la mise en service de l'USS George Bush en 2009.

Selon les estimations, ces modifications pourraient coûter des milliards de dollars rien que pour le porte-avions « Doris Miller » et repousser sa mise en service à la fin de la prochaine décennie. Alors que le président privilégie des technologies « éprouvées », les spécialistes maritimes rappellent que les systèmes électromagnétiques offrent un lancement plus fluide et nécessitent moins de maintenance.

Cette ingérence présidentielle suscite de vives critiques au sein du camp démocrate. Le sénateur Mark Kelly, ancien astronaute et capitaine de l'US Navy, a déclaré :

« Je me suis lancé depuis les ponts de porte-avions des centaines de fois, j'ai une maîtrise en ingénierie aéronautique et je suis pilote d'essai—et même moi, je ne conseillerais pas à la marine comment concevoir des systèmes spécifiques sur ses navires. Donald Trump devrait s'en tenir à ce qu'il sait faire de mieux—les salles de bal, les faillites et les conneries. »

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