Trois tout-petits hospitalisés en soins intensifs après une exposition au cannabis

Trois enfants, âgés d'un à trois ans, ont été pris en charge à l'hôpital français de Nazareth après avoir ingéré des produits à base de cannabis. Les médecins alertent : « Une baisse significative du niveau de conscience, une dépression respiratoire, voire des arrêts respiratoires, des troubles cardiaques et des convulsions peuvent survenir. »

MakoAuteur : Yonatan Dushnitsky
Source
Trois tout-petits hospitalisés en soins intensifs après une exposition au cannabis
Photo : Mako / צילום: שאטרסטוק, מדא

Ces dernières semaines, trois tout-petits âgés d'un à trois ans ont été admis aux urgences pédiatriques de l'hôpital français de Nazareth après avoir été exposés au cannabis. Dans deux des cas, les enfants avaient ingéré du haschisch, tandis que dans le troisième, une suspicion d'ingestion de chocolat ou de biscuits contenant des substances actives du cannabis a été soulevée. Dans l'un des cas, la famille pensait initialement que l'enfant avait subi un traumatisme crânien en raison de sa somnolence soudaine, mais un test urinaire a révélé une exposition au cannabis. Le diagnostic a été confirmé par la suite en laboratoire, et une imagerie cérébrale a permis d'écarter tout traumatisme intracrânien. Les enfants ont été hospitalisés en soins intensifs pédiatriques avant d'être transférés en service de pédiatrie. Leur état s'est amélioré et ils ont pu regagner leur domicile, tandis que les procédures habituelles de signalement aux autorités policières ont été effectuées.

Selon le Dr Bashara Mansour, directeur du département de pédiatrie et du service de néphrologie pédiatrique, on observe une augmentation marquée des cas d'empoisonnement au cannabis chez les jeunes enfants, principalement due à l'ingestion accidentelle de produits comestibles. Bonbons gélifiés, sucreries et pâtisseries contenant du THC ressemblent à s'y méprendre à des produits alimentaires ordinaires, ce qui les rend particulièrement dangereux pour les enfants.

La manifestation la plus fréquente de cet empoisonnement est la dépression du système nerveux central. L'enfant peut paraître très somnolent ou apathique, souffrir d'ataxie (instabilité à la marche), d'une baisse du tonus musculaire et d'un myosis (pupilles contractées). La gravité de l'intoxication est proportionnelle à la quantité de substance ingérée par rapport au poids de l'enfant : une dose anodine pour un adulte peut s'avérer critique pour un tout-petit. Dans les cas graves, une baisse de conscience, une dépression respiratoire, voire un arrêt respiratoire, des troubles du rythme cardiaque, des convulsions et une absence de réaction peuvent nécessiter une ventilation assistée.

Le diagnostic n'est pas toujours simple, car les symptômes peuvent être confondus avec une hypoglycémie, une infection du système nerveux central ou des troubles métaboliques. Le Dr Mansour souligne que, face à une altération de la conscience inexpliquée, l'exposition à des substances toxiques doit toujours être envisagée. Les tests urinaires rapides, dont la sensibilité varie de 80 % à 95 %, doivent impérativement être confirmés par une analyse de laboratoire plus précise.

Il n'existe actuellement aucun antidote spécifique au cannabis ; le traitement est donc essentiellement symptomatique et repose sur une surveillance étroite des fonctions vitales, le soutien respiratoire et la gestion des convulsions. Le message essentiel du médecin est la prévention : les produits à base de cannabis doivent être conservés dans leur emballage d'origine, dans un endroit verrouillé, hors de portée et de vue des enfants. En cas de suspicion d'ingestion, une évaluation médicale immédiate est indispensable.

Dans la même rubrique