Tous contre Téhéran ? Pas du tout : trois pays en Europe ont rompu les rangs

Trois pays candidats à l'adhésion à l'Union européenne n'ont pas adopté le dernier train de sanctions contre Téhéran. En Iran, on célèbre cette fissure dans le front, mais à Bruxelles, on y voit le signe de divergences politiques plus profondes.

MaarivAuteur : Eli Leon
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Tous contre Téhéran ? Pas du tout : trois pays en Europe ont rompu les rangs
Photo : Maariv / מטה האיחוד האירופי בבריסל | צילום: אינגאימג'

La Géorgie, la Serbie et la Turquie ne s'alignent pas sur le dernier train de sanctions européennes contre l'Iran, selon les annonces de l'Union européenne et les déclarations publiées ces derniers jours. À Téhéran, on s'est empressé aujourd'hui de souligner la position de la Géorgie, sur fond d'efforts iraniens pour présenter des fissures dans le front européen face à la République islamique.

L'agence de presse officielle iranienne IRNA a rapporté aujourd'hui que la Géorgie a refusé de se joindre aux nouvelles sanctions de l'UE. Le rapport citait le député Tengiz Sharmanashvili du parti au pouvoir « Rêve géorgien », qui a déclaré que les décisions de politique étrangère de Tbilissi sont prises sur la base d'une seule question : servent-elles les intérêts de la Géorgie à ce moment-là. Il a ajouté que la Géorgie n'est pas le seul pays candidat à ne pas se joindre aux mesures, et a mentionné la Serbie et la Turquie.

Ces propos sont conformes à l'annonce du Conseil de l'Union européenne du 14 août. Bruxelles a annoncé que l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l'Islande, le Liechtenstein, la Moldavie, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Norvège et l'Ukraine ont adopté les dernières décisions européennes concernant l'Iran. La Géorgie, la Serbie et la Turquie ne figuraient pas sur la liste.

Les décisions de l'UE, approuvées le 24 juillet, maintiennent en vigueur des mesures restrictives contre des personnes et des entités iraniennes, ainsi que des sanctions liées au soutien militaire de Téhéran à la Russie, à des organisations armées au Moyen-Orient et en mer Rouge, et à des actions nuisant à la liberté de navigation dans la région. Dans le cas de la Serbie, il s'agit d'une politique qui n'est pas uniforme. Belgrade s'était pourtant jointe en mars à d'autres décisions de l'UE concernant les sanctions contre l'Iran, mais n'a pas adopté les trois nouvelles décisions de juillet. Selon le site serbe N1, elle était le seul pays candidat des Balkans occidentaux à ne pas l'avoir fait.

La Turquie, qui est également un pays candidat à l'adhésion à l'UE, ne figure pas non plus parmi les pays ayant adopté le dernier train de mesures. Ankara mène une politique étrangère indépendante vis-à-vis de l'Iran et évite d'aligner totalement sa politique étrangère sur celle de Bruxelles.

Le rapport iranien tente de présenter la position de la Géorgie comme une preuve de désunion européenne, mais en pratique, il s'agit de trois pays qui ne sont pas membres de l'UE et ne sont pas légalement tenus d'adopter sa politique de sanctions. Cependant, du point de vue de Bruxelles, le degré d'alignement sur la politique étrangère et de sécurité commune est considéré comme un indicateur important dans le processus d'adhésion à l'UE, et l'abstention reflète donc également des divergences politiques plus larges.

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