Tempête en Autriche : un camp nazi sera démoli pour construire un supermarché

Des engins lourds sont arrivés sur le terrain où fonctionnait un ancien sous-camp de Mauthausen, et le comité de commémoration exige l'arrêt immédiat des travaux. La controverse porte également sur les liens du maire avec une transaction commerciale de plusieurs millions d'euros.

Israel HayomAuteur : Agences de presse
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Tempête en Autriche : un camp nazi sera démoli pour construire un supermarché
Photo : Israel Hayom / מבקרים במחנה הריכוז מאוטהאוזן באוסטריה. צילום: ועידת התביעות

Des travaux de construction d'un complexe commercial ont débuté sur le site d'un ancien sous-camp du camp de concentration de Mauthausen en Autriche, provoquant l'indignation des organisations de mémoire. À l'endroit où des centaines de femmes étaient emprisonnées sous le régime nazi, un supermarché et un grand centre logistique pour produits réfrigérés sont prévus. Des bulldozers et des engins lourds ont déjà été introduits sur le terrain pour les travaux préliminaires.

Le comité de commémoration de Mauthausen en Autriche a appelé à l'arrêt du projet, arguant que l'espace ouvert restant du camp doit être préservé comme lieu de mémoire, selon le magazine allemand Spiegel. Le Comité international de Mauthausen s'oppose également à l'utilisation commerciale du site, estimant que cela n'est pas conforme aux normes internationales de commémoration des crimes nazis.

Le sous-camp de Laupersdorf, situé à environ 30 km au sud de Vienne, a fonctionné entre septembre 1944 et avril 1945. Environ 400 femmes y étaient détenues et envoyées aux travaux forcés dans une usine de munitions voisine à Hirtenberg. Lors de la liquidation du camp, les prisonnières ont été conduites en convoi vers le camp de concentration de Mauthausen, et beaucoup d'entre elles sont mortes pendant la marche.

Le comité de commémoration de Mauthausen avertit que les travaux pourraient effacer définitivement les vestiges physiques des crimes nazis. Une déclaration publiée à ce sujet indique :

« Les traces du passé nazi et des crimes commis à l'époque sont détruites et enterrées sous une couche de gravier, d'acier et de béton, devenant ainsi invisibles pour toujours ».

Le débat autour du projet a pris une dimension politique avec les révélations sur la transaction. Le maire de Laupersdorf, Andreas Ramharter, est au centre des critiques : une société immobilière qu'il possède a vendu les terrains pour 15,25 millions d'euros (environ 65 millions de shekels). Les mesures de changement de destination des sols auraient rapporté un bénéfice supplémentaire de 1,34 million d'euros (environ 5,7 millions de shekels). Ramharter a défendu sa conduite, déclarant ne voir rien de répréhensible dans ces transactions.

Parallèlement, les travaux d'infrastructure sur le site ont progressé. Le comité de commémoration et d'autres organisations exigent leur arrêt avant que le site historique ne soit recouvert de manière irréversible, soulignant que cette affaire constitue un test sur la gestion par l'Autriche des sites des sous-camps de l'époque nazie.

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