Tempête aux États-Unis : l'autorité de l'immigration va acquérir des gants à décharge électrique pour des millions
L'objectif déclaré de l'équipement en gants est d'« obtenir rapidement la conformité et prévenir l'escalade ». Des organisations de défense des droits de l'homme et des hauts responsables aux États-Unis ont vivement critiqué ce projet, pointant du doigt un cas de décès lié à l'utilisation de ces gants : « Cela conduira à une grave escalade de la violence ».

L'agence américaine de contrôle de l'immigration et des douanes (ICE) prévoit d'acheter des milliers de gants à décharge électrique pour ses agents, une démarche qui suscite une tempête de critiques et de nombreuses objections. La valeur de la transaction est estimée à plus de 20 millions de dollars, et l'appel d'offres officiel devrait être publié prochainement.
Les appareils, fabriqués par la société Compliant Technologies, sont définis par le gouvernement américain comme un outil de désescalade destiné à aider les agents à « prendre rapidement le contrôle » des suspects. L'agence a l'intention de distribuer les gants aux équipes de terrain et d'enquête, afin de les utiliser lors des arrestations et de l'expulsion des résidents illégaux.
380 volts à la pression d'un interrupteur
Selon les spécifications du fabricant, les gants ressemblent en tout point à des gants de patrouille ordinaires, et lorsqu'ils sont activés via un interrupteur dédié, ils fournissent une stimulation électrique au contact direct avec la peau nue à une tension allant jusqu'à 380 volts. La sensation, prétend-on, est immédiate et vive — « semblable à une piqûre d'abeille » — et est généralement suffisante pour obtenir la conformité en moins de trois secondes.
Les directives de l'agence interdisent l'utilisation de plus d'une paire de gants sur une seule personne, ainsi que l'activation de la stimulation électrique pendant plus de 15 secondes en continu. L'entreprise avertit que l'appareil ne doit pas être utilisé à des fins de punition, contre des personnes exprimant uniquement une résistance verbale, ou sur des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées et des personnes handicapées.
Indignation parmi les organisations de défense des droits de l'homme
Le plan a suscité de vives critiques de la part d'organisations de défense des droits civiques et de hauts responsables du système judiciaire. Selon eux, cette mesure dissimulée pourrait conduire à une escalade dans l'usage de la force, en particulier lors de rencontres avec des migrants accusés uniquement d'infractions civiles. Les critiques rappellent qu'une plainte actuellement en cours dans le Kentucky affirme qu'un homme de 43 ans est décédé en 2024 après avoir reçu des décharges électriques répétées, dont 27 chocs dus à l'utilisation de ce type de gants.
Des organisations de premier plan telles que l'Union américaine pour les libertés civiles et le Centre national pour le droit de l'immigration ont exprimé leur profonde inquiétude face à cette mesure, selon un rapport du magazine U.S. News & World Report. La gouverneure de New York, Kathy Hochul, et la procureure générale de l'État, Letitia James, ont également vivement critiqué le plan, affirmant qu'il pourrait violer les droits civiques et accroître la violence sur le terrain.
Par le passé, l'armée américaine a examiné l'utilisation des gants mais a décidé de ne pas les adopter. À ce jour, les appareils ne sont utilisés que de manière limitée dans un certain nombre de postes de police locaux et de prisons de comté aux États-Unis.


