Tempête au Maroc : la mission israélienne a déménagé dans un nouveau siège dans une rue portant le nom d'un opposant au sionisme

La mission israélienne à Rabat a déménagé ces derniers jours dans son nouveau siège officiel dans le quartier Souissi de la capitale marocaine. Le choix de la rue Mehdi Ben Barka, nommée d'après un chef de l'opposition qui s'opposait fermement au sionisme, a suscité de vives critiques de la part de militants locaux.

MaarivAuteur : Eli Leon
Source
Tempête au Maroc : la mission israélienne a déménagé dans un nouveau siège dans une rue portant le nom d'un opposant au sionisme
Photo : Maariv / דגל מרוקו | צילום: שאטרסטוק

La mission israélienne à Rabat a déménagé ces derniers jours dans son nouveau siège officiel dans le quartier Souissi de la capitale marocaine, une démarche qui a suscité de vives critiques de la part d'organisations et de militants opposés à la normalisation avec Israël. Le site d'information marocain « Sawt al-Maghrib » a rapporté que le 12 août, le personnel du bureau de liaison est arrivé dans le nouveau bâtiment de la rue Mehdi Ben Barka sous une sécurité renforcée des forces de l'ordre et d'agents de sécurité privés. De nombreuses caméras de surveillance ont été installées sur place et un drapeau israélien a été aperçu à l'intérieur du complexe, bien que, selon le site, il soit presque invisible depuis la rue.

Ce déménagement intervient cinq ans après le rétablissement des relations officielles entre Israël et le Maroc dans le cadre de la vague des « Accords d'Abraham ». Les deux pays ont rouvert des bureaux de liaison, mais malgré les déclarations précédentes sur l'intention de porter les relations au niveau des ambassades, cette étape n'a pas encore été franchie. Le bureau israélien opérait récemment dans la rue An-Nakheel, dans le quartier Hay Riad, d'où il a déménagé vers le complexe de Souissi.

Le choix de la rue Mehdi Ben Barka a suscité un ressentiment particulier. Ben Barka, chef de l'opposition marocaine enlevé à Paris en 1965 et disparu, est considéré comme un symbole de la gauche marocaine et de la lutte contre l'impérialisme. La militante et conférencière Latifa El-Bouhsini a déclaré qu'il s'agissait d'une « provocation envers les sentiments des Marocains », rappelant que Ben Barka était, selon elle, une figure qui « avait identifié très tôt le danger de l'impérialisme et son lien avec le sionisme ».

Abdelhafid Assriti, coordinateur national du « Groupe d'action national pour la Palestine », a également attaqué cette décision. Dans un entretien avec « Sawt al-Maghrib », il a déclaré :

« Ce qui est exigé des responsables marocains, c'est une rupture totale des relations, et non l'ouverture d'un nouveau bureau de liaison ».

Selon lui, il faut « arrêter immédiatement la normalisation » et imposer des sanctions à Israël au lieu d'élargir la coopération avec lui.

D'autres organisations opposées à la normalisation ont affirmé que l'ouverture du siège à une époque où les combats se poursuivent dans la bande de Gaza est contraire à la position d'une grande partie du public marocain. Le « Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation » a qualifié le déménagement dans la rue Ben Barka de « tentative pathétique de porter atteinte à la mémoire collective du peuple marocain ».

En revanche, en Israël, l'établissement d'une résidence permanente pour la mission est considéré comme une nouvelle étape dans la consolidation des relations. Déjà en 2023, au début des travaux de construction du siège, l'ancienne chef de la mission, Alona Fisher-Kamm, avait déclaré qu'il s'agissait d'un « moment historique », ajoutant :

« Nous aurons notre propre maison, pas seulement une ambassade, mais une maison pour tous les Israéliens au Maroc ».

Dans la même rubrique