"Ta famille mérite une seconde Shoah" : le Portugal fait avancer une enquête pour suspicion d'antisémitisme à l'Université de Coimbra

L'organisme gouvernemental portugais en charge de l'enseignement supérieur a transmis au parquet des signalements concernant des menaces de mort et des actes antisémites à l'Université de Coimbra, suite aux plaintes du doctorant israélien Bar Harel. Ce dernier a documenté des centaines de graffitis et d'autocollants haineux sur le campus et en ville.

WallaAuteur : Yoav Itayiel
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"Ta famille mérite une seconde Shoah" : le Portugal fait avancer une enquête pour suspicion d'antisémitisme à l'Université de Coimbra
Photo : צילום: Walla.co.il

Le Portugal fait avancer une enquête sur une série d'incidents antisémites graves signalés par Bar Harel, un ancien doctorant israélien à l'Université de Coimbra, incluant des menaces de mort, une agression physique et des messages hostiles envers les Juifs et les Israéliens. L'organisme gouvernemental responsable de l'enseignement supérieur a transmis le dossier au parquet général, demandant l'ouverture d'une enquête, comme l'a rapporté l'agence de presse portugaise Lusa.

L'Université de Coimbra, fondée en 1290, est l'une des plus anciennes d'Europe et un site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Bar Harel, citoyen israélien, américain et portugais, y préparait un doctorat en génie informatique.

Les incidents ont eu lieu entre juillet 2024 et mai 2026. Harel a notamment rapporté une menace explicite : « Ta famille mérite une seconde Shoah », ainsi qu'une agression physique qu'il attribue au port d'un petit drapeau israélien sur son sac. Il a également documenté d'innombrables affiches et inscriptions faisant l'apologie du Hamas et du Hezbollah sur les murs du campus, ce qui l'a finalement conduit à abandonner ses études.

Le 6 août, le Secrétariat d'État à l'enseignement supérieur a transmis ces informations au Parquet général, demandant des actes d'enquête pour suspicion de discrimination, incitation à la haine, menaces et apologie du terrorisme. Le parquet n'a pas encore confirmé publiquement l'ouverture d'une procédure pénale.

Analyse de la haine

Parallèlement à ses études, Harel a compilé un rapport de 30 pages intitulé « Autocollants de haine : une analyse de l'antisémitisme à l'Université de Coimbra ». Pendant dix mois, il a photographié 405 éléments — autocollants et graffitis — sur le campus et dans la ville.

Son analyse montre que 118 éléments (29 %) sont antisémites, et 54 (13 %) pourraient constituer un discours de haine selon l'article 240 du Code pénal portugais. Sur 143 messages anti-israéliens, 33 appelaient directement à la destruction d'Israël. Il est frappant de constater qu'aucun des éléments de l'échantillon ne contenait le mot « paix » ou un symbole associé.

Positions des parties

Harel reconnaît le risque de biais personnel et précise avoir utilisé des outils d'IA, dont ChatGPT, comme « critique » pour garantir l'objectivité de son travail, tout en soulignant que toutes les données et témoignages sont authentiques.

L'ambassade d'Israël au Portugal a salué cette avancée, appelant les autorités à lutter systématiquement contre l'antisémitisme. De son côté, l'Université de Coimbra rejette les accusations d'inaction, affirmant avoir proposé un soutien psychologique à Harel et avoir demandé des détails précis pour vérifier ses allégations. L'université a également affirmé que Harel aurait exigé trois millions d'euros pour renoncer à des poursuites judiciaires, bien qu'aucune autorité n'ait établi de faute de la part du chercheur à ce sujet.

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