Syrie: plus de 1 500 combattantes kurdes luttent pour leur statut militaire
Après la dissolution des FDS et leur intégration dans l'armée syrienne, l'avenir des 1 500 combattantes des YPJ reste incertain, Damas refusant d'intégrer des femmes dans les forces armées régulières.

Les Unités de protection de la femme (YPJ), devenues un symbole mondial de la lutte contre l'État islamique en Syrie, négocient actuellement avec le nouveau pouvoir à Damas pour préserver leur statut militaire. Après l'annonce officielle de la dissolution des Forces démocratiques syriennes (FDS) et de leur fusion avec l'armée syrienne, l'avenir de plus de 1 500 combattantes kurdes reste incertain.
Alors que les hommes ayant servi au sein des FDS doivent être intégrés au ministère de la Défense et à la nouvelle armée syrienne, le sort des femmes reste en suspens, les femmes ne servant pas dans l'armée syrienne régulière. La commandant des YPJ, Nowruz Ahmed, a déclaré à l'agence Reuters que lors de ses entretiens avec le président syrien Ahmed al-Sharaa, il lui avait été signifié que les combattantes n'avaient pas leur place au sein de l'armée.
La revendication d'une unité militaire autonome
Les combattantes demandent à intégrer l'armée en tant qu'unité organisée et distincte, afin de préserver leur structure existante et leur expérience opérationnelle.
Nowruz Ahmed a expliqué :
« Nous voulions rejoindre l'armée parce que nos forces ont l'expérience nécessaire pour se défendre de manière organisée, en tant que brigade ou bataillon indépendant. »
Les combattantes tentent désormais de trouver une autre voie avec le ministère de l'Intérieur syrien, notamment une intégration au sein des forces d'opérations spéciales du ministère. Selon des sources proches du dossier, une proposition précédente visant à transférer les combattantes vers la police touristique — où les femmes sont autorisées à servir — a été rejetée par les YPJ, soucieuses de préserver leurs compétences militaires.
Un combat pour l'émancipation
Pour ces femmes, cette lutte dépasse largement la question de l'emploi. Durant la guerre civile syrienne, les YPJ sont devenues le symbole de l'émancipation des femmes kurdes, à une époque où l'administration kurde encourageait l'intégration des femmes dans les institutions politiques et de sécurité.
Une combattante des YPJ âgée de 20 ans a confié :
« Les femmes sont toujours perçues comme faibles. Les femmes ne tirent pas leur force des hommes, ni de l'État. »
Dissolution des FDS et transition vers la paix
L'avenir des combattantes s'inscrit dans le cadre d'une restructuration majeure des forces kurdes en Syrie. Cet accord fait suite à des mois de négociations avec le gouvernement d'al-Sharaa. Outre l'intégration des combattants masculins dans les forces de sécurité, l'accord prévoit le transfert des institutions civiles kurdes au gouvernement central.
Le compromis inclut également la reconnaissance des droits culturels, civils et éducatifs des Kurdes. Le commandant des FDS, Mazloum Abdi, a indiqué que le gouvernement avait reconnu le droit à l'enseignement en langue kurde dès cette année, qualifiant ce processus de transition « des champs de bataille vers les champs de la reconstruction, et de l'ère des armes vers l'ère de la paix ».




