Les Démocrates de Suède en route pour intégrer le gouvernement suédois
Un parti nationaliste aux racines néonaziennes pourrait intégrer pour la première fois le gouvernement suédois. Le Premier ministre Ulf Kristersson entrouvre la porte à cette coalition.
Un parti nationaliste aux racines néonaziennes s'apprête à intégrer le gouvernement suédois pour la première fois à l'issue des prochaines élections législatives. Selon le Financial Times, les sondages indiquent une course serrée avec un léger avantage pour les partis de gauche, mais le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, mène pour la première fois une campagne permettant aux Démocrates de Suède de rejoindre officiellement la coalition.
Briser les tabous européens
Jusqu'à présent, le parti était exclu en raison de ses positions extrémistes. « C'est un pas immense », a expliqué Jenny Madestam, politologue à l'université de Södertörn. « La société suédoise dans son ensemble a basculé vers la droite. » Ce succès potentiel brise un autre tabou en Europe, qui connaît une montée en puissance de l'extrême droite.
Contrairement au Rassemblement national en France, les Démocrates de Suède, dirigés par Jimmie Åkesson, façonnent déjà concrètement les politiques en coulisses. Ils sont à l'origine de mesures contre la criminalité des gangs et de la baisse des demandes d'asile à un niveau historiquement bas depuis 40 ans.
Surmonter les ombres du passé
Contrairement aux partis populistes en Norvège et en Finlande, le parti suédois est né du mouvement néonazi et antisémite, un passé pour lequel il a présenté ses excuses officielles. Mattias Karlsson, l'idéologue en chef du parti, a expliqué que ces excuses ont ouvert la voie à l'acceptation de leur entrée au gouvernement par le Parti libéral.
« Les excuses ont ouvert la voie à l'acceptation de leur entrée au gouvernement par le Parti libéral. »
Le principal obstacle restant est le Parti social-démocrate, qui mène dans les sondages. M. Karlsson craint qu'un gouvernement de gauche n'annule la politique migratoire stricte mise en place.
Scandales et ambitions politiques
Le chemin n'a pas été sans heurts et a été émaillé de scandales, notamment lorsqu'un député du parti a qualifié la dirigeante sociale-démocrate, Magdalena Andersson, de « quisling ». Malgré les condamnations, M. Kristersson a défendu ce partenariat, soulignant qu'ils ont adopté ensemble huit budgets.
Alors que Mme Andersson prévient que leur entrée au gouvernement fera de la Suède « un autre pays », la droite y voit une étape supplémentaire vers l'objectif ultime : nommer le chef du parti au poste de Premier ministre.




