Surveillance des djihadistes et question du Hezbollah : les États-Unis durcissent leurs exigences envers la Syrie

Selon le journal libanais « Al-Modon », des tensions ont été enregistrées entre Washington et Damas sur fond de refus du régime al-Shara d'intervenir militairement contre le Hezbollah. Le gouvernement syrien n'a pas répondu aux demandes et a préféré les étudier et consulter la Turquie.

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Surveillance des djihadistes et question du Hezbollah : les États-Unis durcissent leurs exigences envers la Syrie
Photo : Israel Hayom / מתיחות בין וושינגטון לדמשק. צילום: Photo by Handout / SANA / AFP

Les tensions entre Washington et Damas se sont intensifiées sur fond d'esquive du régime syrien, dirigé par Ahmad al-Shara, face aux exigences de la Maison Blanche. Le journal « Al-Modon » a rapporté dimanche une réunion entre de hauts responsables syriens et américains à la mi-juillet, au cours de laquelle les conditions des États-Unis ont été soulignées, notamment en ce qui concerne la tentative du régime d'al-Shara d'éviter toute implication dans une action militaire contre le Hezbollah au Liban.

Selon le journal libanais, un profond désaccord a été enregistré en coulisses entre les responsables politiques et militaires des deux camps, sur fond d'aspirations américaines, d'inquiétudes israéliennes et des priorités du régime syrien, épuisé par des années de guerre civile.

Une source a déclaré à « Al-Modon » que lors de la réunion de la mi-juillet, la partie américaine a soulevé des exigences concernant la question des combattants djihadistes étrangers. La demande principale était d'établir un système de surveillance pour ces combattants afin d'éviter qu'ils ne commettent des attentats à l'avenir contre les États-Unis et leurs alliés, y compris l'organisation des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigée par les Kurdes.

Une autre demande soulevée lors de la réunion concerne la mise en œuvre du plan pour une « intégration équitable » des FDS dans le système de sécurité du régime syrien. Lors de discussions passées, deux approches ont émergé :

  • Du côté kurde : intégration des unités des FDS dans leur intégralité, afin qu'elles ne soient pas démantelées.

  • Du côté de Damas : démantèlement de l'organisation et intégration des combattants séparément dans les différentes unités de l'armée du régime.

Selon la source, les États-Unis ont durci leurs conditions suite au refus du régime syrien d'agir contre le Hezbollah.

« Le gouvernement syrien n'a pas répondu aux demandes américaines, préférant les étudier et consulter la partie turque », a déclaré la source. « Parallèlement, le gouvernement syrien a présenté une initiative visant à renforcer le contrôle des frontières de la Syrie avec l'Irak et le Liban ».

Dans ce cadre, la partie syrienne a partagé avec les Américains des exemples de saisies d'armes tentant d'être passées en contrebande, notamment lors de la capture d'un camion transportant des dizaines de drones explosifs destinés au Hezbollah.

Au niveau public, al-Shara a agi avec prudence, évoquant une coopération qui n'inclut pas d'implication militaire à l'intérieur du Liban. Des responsables syriens ont déclaré que Damas considère les propositions du président américain Donald Trump de l'entraîner dans un conflit ouvert avec le Hezbollah comme improbables. Il a été souligné qu'en tête des priorités de Damas figurent la sécurité des frontières, le démantèlement des réseaux de contrebande et le soutien à la prise de décision de l'État du Liban.

Par ailleurs, des sources diplomatiques ont déclaré au site saoudien « Elaph » que le président libanais Joseph Aoun a demandé la semaine dernière, lors d'une conversation fermée avec Donald Trump à la Maison Blanche, que le président syrien Ahmad al-Shara ne soit pas impliqué dans la question du désarmement du Hezbollah. Aoun a souligné qu'« il s'agit d'une affaire purement interne libanaise, et aucune partie étrangère n'est autorisée à intervenir dans ses détails ».

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