Soutien militaire, camions d'aide et numérique : l'ancrage discret de la Turquie au Liban
La Turquie s'implante progressivement au Liban via une aide sécuritaire étendue et des projets civils. Si Ankara affiche une volonté de soutenir les institutions libanaises, son influence s'accompagne d'une ligne anti-israélienne marquée et de liens avec des organisations liées au Hamas.

La Turquie accroît sa présence au Liban, dans le prolongement des déclarations du président Recep Tayyip Erdogan affirmant que la sécurité de son pays s'étend jusqu'à Damas et Beyrouth. Au-delà des échanges diplomatiques, Ankara a tissé un réseau d'influence significatif, mêlant soutien militaire et projets humanitaires.
En juillet dernier, le Premier ministre Najib Mikati et le président Joseph Aoun se sont rendus en Turquie pour rencontrer Erdogan. Les discussions ont porté sur la souveraineté libanaise et la stabilité régionale, le président turc réitérant sa volonté de participer à la reconstruction du sud du Liban.
Influence sécuritaire et humanitaire
Depuis 2015, la Turquie fournit une aide militaire régulière au Liban, incluant des munitions, des pièces détachées et des programmes de formation pour l'armée libanaise. Ankara participe également activement à la force de la FINUL dans le sud du pays depuis 2006.
Sur le plan civil, l'agence TIKA développe des projets éducatifs et technologiques, comme l'inauguration récente d'un laboratoire numérique à Beyrouth. Ces activités suscitent toutefois des inquiétudes en Israël : en 2017, un responsable de TIKA à Gaza a été arrêté pour ses liens avec le Hamas, et en 2024, Tsahal a révélé l'existence de tunnels terroristes sous un hôpital construit par l'agence.
Gestion de crise et enjeux stratégiques
La ministre libanaise des Affaires sociales, Haneen Al-Sayed, a multiplié les contacts avec les autorités turques, notamment l'AFAD, pour coordonner la gestion des catastrophes et la fourniture de logements préfabriqués pour les populations déplacées.
Parallèlement, des convois humanitaires massifs, incluant des centaines de tonnes de nourriture, sont acheminés vers Beyrouth via le Croissant-Rouge turc. Bien que la Turquie présente ces actions comme un soutien aux institutions libanaises, sa ligne politique ouvertement anti-israélienne et ses liens avec des organisations liées au Hamas font de cette présence accrue à la frontière nord d'Israël un sujet de préoccupation majeur.




