Sous couvert de la guerre : le régime iranien intensifie la pression sur la société civile et la police des mœurs reprend du service
Le leadership à Téhéran intensifie la lutte contre le non-port du hijab dans les rues. La police des mœurs reprend ses patrouilles et affronte les citoyens. Les autorités mènent une vague massive de fermetures d'entreprises n'ayant pas respecté les lois sur le hijab. Le courant conservateur appelle à durcir la lutte.

Ces dernières semaines, l'Iran a fermé des dizaines d'entreprises qui ne respectaient pas strictement le port du hijab. La répression a été enregistrée dans plusieurs grandes villes, dont Téhéran, Machhad et Yazd. Parallèlement, une escalade de la lutte contre les citoyens a également été observée sur les réseaux sociaux. Selon des rapports et des documents, la police des mœurs est de retour dans les rues.
Sous couvert du sentiment de victoire dans la guerre, le régime iranien adopte une ligne plus dure également à l'intérieur du pays. La guerre n'a pas arrêté la lutte du régime contre les femmes qui ne portent pas le hijab, et ces dernières semaines, on a constaté un durcissement de l'application de la loi contre la société civile. Les autorités augmentent la pression sur les cafés, les salles de sport et les militants, tandis que des signes de reprise de l'activité de la police des mœurs réapparaissent dans les rues.
Parallèlement à l'application de la loi sur le terrain, des voix plus fermes se font entendre au sein de l'establishment iranien. Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal conservateur Kayhan, a appelé les autorités à faire respecter la loi obligatoire sur le hijab et a exigé que les hauts responsables de l'État rendent des comptes pour ne pas avoir agi contre les contrevenantes. Il est évident que le sentiment de victoire dans la guerre donne au leadership iranien une confiance accrue dans sa politique intérieure, le poussant à exercer une pression plus forte sur fond de traumatisme des opposants au régime suite à la répression des manifestations.
Au moins 42 entreprises fermées en trois semaines
Les appels à durcir l'application de la loi s'accompagnent d'une vague de fermetures d'entreprises à travers l'Iran. Au moins 42 cafés, restaurants, magasins et clubs de sport ont été fermés au cours des trois dernières semaines suite à des violations des lois sur le hijab et de ce que les autorités définissent comme les normes islamiques. Ce chiffre est basé sur des rapports des médias d'État et des organisations de défense des droits de l'homme.
L'ampleur des fermetures au cours des trois dernières semaines est particulièrement importante : elle atteint déjà environ 22 % des 191 cas de fermeture documentés par l'organisation iranienne HRANA tout au long de l'année précédente. Les autorités utilisent diverses formulations pour justifier ces fermetures, allant du « non-respect des standards islamiques » à des soupçons de jeux d'argent ou à l'absence d'autorisations sanitaires.
Mohsen Sayyadi, qui dirige le système de surveillance du commerce à Machhad, a déclaré qu'au cours des quatre premiers mois de l'année fiscale en cours, 104 entreprises ont été fermées, contre seulement cinq au cours de la même période l'année précédente, soit une augmentation d'environ 20 fois.
La pression sur les réseaux sociaux et le retour des patrouilles
La campagne ne se mène pas seulement dans les rues. Selon HRANA, entre le 11 juillet et le 1er août, au moins 23 entreprises ont été fermées, au moins 72 pages et comptes sur les réseaux sociaux ont été bloqués ou saisis, et les opérateurs de 21 pages ont été tenus de publier des déclarations s'engageant à respecter les règles. Parmi les personnes touchées figurent des blogueurs, des athlètes, des artistes et des personnalités de la mode.
Le durcissement de l'application de la loi s'accompagne de signes du retour de la police des mœurs dans les rues. Des rapports font état de la reprise des patrouilles à Amol, Rasht, Ispahan, Téhéran et Qom. Malgré cela, de nombreuses femmes continuent d'apparaître en public sans hijab, transformant leur apparence en un acte de résistance civile.
Même des punitions sévères, comme les coups de fouet, ne conduisent pas nécessairement à l'obéissance. Les rapports soulignent un affrontement croissant entre la politique du régime et la réalité sociale, où sortir sans hijab est devenu un acte de protestation politique et un moyen de se souvenir de ceux qui ont été tués lors des manifestations.




