Smotrich a approuvé à maintes reprises un filet de sécurité pour les banques palestiniennes, obtenant en échange des concessions pour la création d'implantations
Première publication : Pendant des années, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a utilisé la compensation israélienne pour le système bancaire palestinien comme un levier de pression. Lors d'une récente réunion du cabinet, Itamar Ben Gvir a déclaré à Smotrich : « Tu as vendu tes principes pour la construction de quelques maisons ». Le Shin Bet, sous l'ère Zini, a averti : sans oxygène financier pour les banques en Cisjordanie, l'Autorité palestinienne s'effondrera.

Les événements de cette semaine dans le village palestinien de Kusra illustrent la perte de contrôle en Cisjordanie. L'une des questions centrales concerne l'indemnisation temporaire, qui suscite des controverses au sein de l'appareil de sécurité. À Tsahal, on craint que le territoire palestinien ne soit au bord de l'explosion en raison des activités de radicaux juifs, de la dégradation de l'Autorité palestinienne (AP) et de la situation économique qui s'aggrave. Cependant, le Shin Bet maintient une vision différente, identifiant une stabilité, une rue palestinienne dissuadée et une augmentation du nombre d'attentats déjoués. Certains attribuent cet écart à la position du chef du Shin Bet, David Zini, qui renforce activement le « département juif » du service et ne souhaite pas saper l'AP.
Il y a environ sept semaines, le cabinet s'est réuni pour discuter d'une question technique mais essentielle : les mécanismes de compensation des banques palestiniennes. Le commerce entre Israël et l'AP dépasse 20 milliards de shekels, une source vitale pour l'existence de l'Autorité. Les banques Discount et Hapoalim servent de correspondants pour les banques palestiniennes. Historiquement, le gouvernement leur fournissait des « lettres d'indemnisation » pour les protéger contre d'éventuelles poursuites liées au financement du terrorisme.
À son entrée en fonction, Bezalel Smotrich a compris que le contrôle de ce mécanisme lui conférait un immense pouvoir pour exercer un « garrot économique » sur l'AP. Il a commencé à ne signer que des prolongations à court terme tout en se concentrant sur l'exposition des liens du système bancaire palestinien avec le terrorisme. La nervosité a grandi au sein des banques israéliennes face à la menace de poursuites civiles de plusieurs milliards de dollars de la part de citoyens américains. Finalement, le cabinet a décidé de prolonger les lettres d'indemnisation jusqu'à fin 2026 pour assurer le fonctionnement du système.
Smotrich a utilisé ces garanties comme un outil efficace pour obtenir des concessions politiques, notamment à Washington, favorisant l'expansion des implantations et fermant les yeux sur la création de nouvelles fermes agricoles. À un certain stade, les banques israéliennes, souhaitant éviter les risques, étaient prêtes à se retirer, mais le gouvernement a insisté pour maintenir la coopération. Le seul ministre à avoir voté contre est Itamar Ben Gvir, qui a accusé Smotrich d'avoir vendu ses principes pour la construction de quelques maisons.
Le cœur du problème est que l'AP, malgré sa faiblesse et sa corruption, reste un intérêt israélien clair. Sans elle, Israël devrait rétablir une occupation complète sur deux millions de Palestiniens, y compris les fonctions administratives. La realpolitik actuelle permet à des acteurs comme Smotrich d'obtenir des gains à court terme, mais le prix de cette pression sur l'appareil de sécurité devient de plus en plus lourd.




