Le Shin Bet enquête sur le député sortant Ayman Odeh pour des fonds présumés

Le Shin Bet enquête sur le député sortant Ayman Odeh pour des fonds présumés de l'AP. La conseillère juridique s'oppose à des investigations sans preuves contre d'autres élus.

Le Shin Bet enquête sur le député sortant Ayman Odeh pour des fonds présumés
Photo : Itzhak Harari / Wikimedia Commons

Le Shin Bet mène une enquête sur le député sortant Ayman Odeh, soupçonné d'avoir reçu des centaines de milliers de sikels de l'Autorité palestinienne. Odeh, dont le mandat s'achève lors de la prestation de serment de la nouvelle Knesset mardi prochain, devrait être interrogé sous avertissement. Suite à ces révélations, il a rejeté les accusations en dénonçant une persécution politique orchestrée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Tensions institutionnelles et désaccords juridiques

Outre le cas d'Ayman Odeh, le directeur du Shin Bet, David Zini, a demandé l'ouverture d'enquêtes visant d'autres parlementaires arabes, notamment le président de Ta'al Ahmad Tibi, le dirigeant de Ra'am Mansour Abbas et l'ancien chef de Balad Sami Abu Shehadeh, et ce en l'absence de preuves matérielles. Cette démarche a provoqué une vive réaction de la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, qui a rappelé qu'aucun citoyen ne peut faire l'objet d'une enquête sans éléments justificatifs.

Lors d'une réunion avec le président de la commission électorale, le juge Noam Solberg, et la conseillère juridique, le chef du Shin Bet avait exigé que l'ensemble du dossier soit classé comme infraction à la sécurité. Une telle mesure aurait permis à l'agence de sécurité intérieure de recourir à des méthodes d'investigation extraordinaires, telles que les écoutes et l'interdiction de contact avec un avocat. Gali Baharav-Miara a toutefois rejeté cette classification automatique pour des délits de corruption électorale relevant du droit commun.

Appels au calme des autorités

Recevant les résultats officiels des élections, le président israélien Isaac Herzog a qualifié les tensions entre le Shin Bet et les autorités judiciaires de friction inhérente à toute démocratie. Il a également mis en garde contre la stigmatisation de la minorité arabe en Israël, appelant au dialogue et à la cohésion nationale.

De son côté, le juge Noam Solberg a fermement condamné les tentatives de contestation des résultats électoraux, rappelant que le respect des règles démocratiques et le transfert pacifique du pouvoir constituent les fondements indispensables de l'État.

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