Shas saisit la Cour suprême contre l'annulation d'une conférence commémorative pour le rabbin Ovadia Yosef
Le parti Shas a saisi en urgence la Cour suprême contre la procureure générale Gali Baharav-Miara après l'annulation d'une conférence commémorative officielle dédiée au rabbin Ovadia Yosef, dénonçant une application sélective de la loi.

Le parti Shas a intensifié sa bataille juridique et publique contre la procureure générale Gali Baharav-Miara, en déposant par l'intermédiaire de l'avocat Guy Bussi un recours urgent auprès de la Cour suprême.
La requête vise la décision de la procureure générale de rejeter la conférence commémorative officielle consacrée à la mémoire et à l'héritage du rabbin Ovadia Yosef, qui devait être financée par le ministère des Services religieux. Les responsables du parti ont exprimé leur colère face à cette décision d'interdire l'événement à l'approche des élections, rappelant que la loi stipule explicitement que le ministère doit organiser une conférence académique le jour de la commémoration du décès du rabbin ou à une date proche.
Selon les requérants, une période électorale ne suspend pas les lois de l'État d'Israël, et cette décision porte atteinte aux sentiments de centaines de milliers de fidèles qui considéraient le rabbin comme leur guide spirituel. Shas a lancé une vive critique, affirmant qu'il est impossible d'effacer l'héritage du rabbin ou de transformer l'affection populaire à son égard en propagande électorale illicite, tout en accusant le conseiller juridique d'insensibilité et de détachement.
Allégations d'application sélective de la loi
Un élément central de la requête de Shas repose sur des accusations d'application sélective de la part de Mme Baharav-Miara. Le parti souligne que les cérémonies commémoratives officielles en l'honneur de feu le Premier ministre Yitzhak Rabin doivent se dérouler comme prévu à peine cinq jours avant l'ouverture des bureaux de vote. Les plaignants soutiennent qu'une situation où un événement commémoratif est reporté en raison de prétendus liens partisans, tandis qu'un événement parallèle encore plus proche du jour du scrutin se déroule sans entrave, soulève de graves inquiétudes quant à une application partiale et politique de la loi.
En revanche, le bureau de la procureure générale a clarifié la semaine dernière que la directive s'applique exclusivement à la conférence académique financée par l'État, en raison de la crainte qu'elle ne devienne une tribune pour de la propagande électorale interdite. La procureure générale a souligné qu'aucune consigne générale n'avait été donnée pour reporter les événements commémoratifs, et qu'il n'existait aucun obstacle à la tenue des cérémonies de commémoration officielles et religieuses du rabbin à leurs dates initiales.
L'attaque du grand rabbin contre la procureure générale
Cette tempête juridique survient sur fond de déclarations d'une virulence exceptionnelle de la part du Rishon LeZion, le rabbin Yitzhak Yosef, fils du rabbin Ovadia. Lors de sa leçon hebdomadaire, le rabbin Yosef a vivement pris à partie la procureure générale de manière personnelle et directe suite à sa décision de reporter l'hiloula.
Dans ses propos, il a appelé le public à ne pas prêter attention à ses ordres, s'est interrogé sur sa légitimité à s'en prendre à celui qu'il a qualifié de géant des générations, et a proféré de sévères souhaits pour que le Tout-Puissant la consume et lui inflige un coup terrible. Ces déclarations, qui ont clairement indiqué que la direction spirituelle ne laisserait pas passer cette mesure en silence, ont planté le décor d'un climat public extrêmement tendu avant le dépôt de cette requête devant la Cour suprême.




