Serbie : démission de la patronne de la télévision publique après les élections
Après la défaite d'Aleksandar Vučić en Serbie, la directrice de la télévision publique RTS a démissionné sous la pression de l'opposition étudiante, victorieuse des législatives avec 140 sièges.

La transition politique en Serbie continue de redessiner le paysage institutionnel du pays après la défaite électorale du Premier ministre sortant Aleksandar Vučić et de son Parti progressiste serbe (SNS), mettant fin à douze ans de pouvoir. Sous la pression du mouvement étudiant d'opposition victorieux, la directrice de la radiotélévision publique serbe RTS, Manja Grčić, a présenté sa démission, admettant que son maintien à ce poste pourrait entraver les réformes démocratiques.
Vučić, au pouvoir depuis 2014, a concédé sa défaite après que la « Liste des étudiants » a remporté 140 sièges sur 250 au Parlement, reléguant le SNS à 104 sièges. Si ses partisans saluent la modernisation économique du pays, ses détracteurs l'ont régulièrement accusé d'autoritarisme, de corruption endémique et de mise au pas des médias. L'organisation Reporters sans frontières a récemment classé la Serbie au 104e rang mondial pour la liberté de la presse, soulignant le déséquilibre manifeste des temps de parole accordés au gouvernement durant les campagnes.
Forts de leur victoire, les représentants du mouvement étudiant exigent désormais des purges au sein des institutions publiques, réclamant le départ de hauts responsables de la police, des services de renseignement et de la justice. Lors d'une conférence de presse à Belgrade, Filip Obuović a insisté sur la nécessité de rétablir l'État de droit, affirmant que les institutions appartiennent aux citoyens et que la priorité est de garantir la transparence sans esprit de revanche.
Parallèlement, la contestation vise également les médias privés pro-gouvernementaux comme Informer TV, accusés d'avoir mené des campagnes de diffamation contre l'opposition. Alors qu'Aleksandar Vučić dénonce une « terreur révolutionnaire », les nouveaux acteurs de la vie politique serbie s'emploient à restaurer l'impartialité des médias publics et à enquêter sur les affaires de corruption passées.





