Sans dissimulation : les « organisations civiles » qui permettent au Hezbollah de revenir au sud du Liban

L'« Organisation islamique de santé » et l'association « Wataawunu », qui s'occupent apparemment de la population de la région, sont liées à l'organisation terroriste et servent de couverture à ses activités. Le Hezbollah ne fait même pas d'effort pour dissimuler le lien, communiquant les activités des organisations via son réseau médiatique.

Israel HayomAuteur : Shahar Kleiman
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Sans dissimulation : les « organisations civiles » qui permettent au Hezbollah de revenir au sud du Liban
Photo : Israel Hayom / ציור קיר של נסראללה ומפקדי חיזבאללה בלבנון | צילום: EPA

La tactique du Hezbollah : des organisations subordonnées à l'organisation terroriste ou qui lui sont affiliées servent de couverture à son activité militaire et lui permettent de maintenir une emprise et une présence dans les zones pilotes pour le retrait de Tsahal, selon une étude publiée par l'Institut Amit pour la recherche sur le terrorisme et le renseignement. Selon l'étude, les deux organisations les plus en vue sont : l'« Organisation islamique de santé », subordonnée au conseil exécutif du Hezbollah, et l'association « Wataawunu », qui promeut des projets d'aide et de réhabilitation des infrastructures civiles.

À l'Institut Amit, on estime que « l'activité des organisations dans la zone pilote contredit l'accord-cadre et témoigne de la difficulté et de la complexité pour le gouvernement libanais d'agir contre la présence du Hezbollah et de ses diverses branches civiles opérant au sud du Liban ». L'institut ajoute qu'il existe des difficultés juridiques et une absence d'autorité légale pour l'armée libanaise afin d'effectuer des perquisitions dans des biens civils privés, malgré l'utilisation qu'en fait le Hezbollah comme couverture pour une activité militaire.

Le Hezbollah ne fait même pas d'effort pour dissimuler l'activité des organisations. L'« Organisation islamique de santé », qui opère dans le village de Zoutar el-Gharbiya, bénéficie d'une large couverture dans le réseau médiatique du Hezbollah (sur la chaîne « Al-Manar », par exemple). De plus, le ministère libanais de la Santé, dirigé par un ministre au nom du Hezbollah, Rakan Nasr al-Din, soutient et reconnaît publiquement son activité.

Un « bras souple » pour les infrastructures militaires et logistiques

Le chef de l'association « Wataawunu », Afif Shouman, est membre du Hezbollah et a admis lui-même qu'elle opère selon les instructions de l'organisation. Extérieurement, cette association s'occupe d'aide alimentaire et de logement pour les résidents. Cependant, selon les médias libanais et arabes, il s'agit d'un « bras souple » qui promeut les objectifs du Hezbollah visant à approfondir son emprise sur le pays et fournit une couverture civile aux infrastructures militaires et logistiques de ses terroristes. Il y a environ deux mois, une frappe israélienne a également été signalée contre un bâtiment de l'association dans le village de Houla, qui servait d'entrepôt d'armes. Début juin, des tracts largués par l'armée de l'air au sud du Liban ont été documentés, appelant les résidents à éviter tout contact avec l'association identifiée au Hezbollah.

Selon l'institut de recherche, cette association opère également ouvertement dans le village de Zoutar el-Gharbiya, défini comme zone pilote. Dans ce cadre, l'association a mené une enquête de terrain pour cartographier les dommages, a placé des structures mobiles pour les résidents et les chefs de village, et a envoyé des camions de ravitaillement. Cette activité est également largement couverte par le réseau médiatique du Hezbollah. Une autre preuve du lien du Hezbollah avec l'association est que les dons qui lui sont destinés transitent par l'institution financière de l'organisation (Al-Qard al-Hassan). De même, dans la campagne « Bons visages » de l'association en 2025, qui poussait au retour de la population dans les villages du sud du Liban, un logo est apparu avec le visage de Hassan Nasrallah, le secrétaire général de l'organisation qui a été éliminé.

Au cours du week-end, l'actuel secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a prononcé un discours. Entre autres choses, Qassem a souligné que le Hezbollah maintiendrait une présence sur le terrain. Il s'est une fois de plus prononcé contre l'accord-cadre avec Israël. « Les autorités libanaises ont choisi une voie dépourvue d'honneur », a-t-il affirmé. « Elles n'ont apporté ni cessez-le-feu ni retrait, mais ont renoncé au droit de réclamer quoi que ce soit. Les négociations sont menées sous la guerre, donnent une légitimité à la guerre et penchent en faveur d'Israël. Les États-Unis sont un partenaire d'Israël. Vous auriez pu entamer des négociations indirectes et fixer les conditions ». Faisant référence aux propos du président libanais Joseph Aoun la semaine dernière, le secrétaire général du Hezbollah a déclaré : « À ceux qui disent que les négociations sont meilleures que la guerre - vos négociations ont-elles arrêté la guerre ? ».

Parallèlement, le journal libanais « Al-Diyar » a rapporté que l'Italie a proposé d'aider au désarmement du Hezbollah dans le cadre d'une nouvelle force internationale qui serait établie à la place de la FINUL et opérerait au sud du Liban. Selon des sources diplomatiques, Rome a rédigé un document décrivant les rôles de la nouvelle force internationale censée remplacer la FINUL. Dans ce cadre, les Italiens proposent de soutenir l'armée libanaise sur le plan logistique et opérationnel, et de l'aider dans les tâches de désarmement. Il a également été noté que l'aspiration est que l'armée libanaise soit au premier plan de l'activité. Cependant, selon le rapport, le commandant de l'armée libanaise, Rudolph Hikal, a exprimé son opposition à l'implication de la force internationale dans le désarmement lors de sa dernière visite à Rome.

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