Sionisme religieux : une astuce d'enregistrement garantit des fonds
La ministre Orit Strock s'est enregistrée sous un autre parti lors des dépôts électoraux, garantissant au Sionisme religieux 1,2 million de shekels de financements publics annuels supplémentaires.

La Commission électorale centrale a officiellement reçu toutes les listes de partis se présentant aux prochaines élections, y compris le parti du Sionisme religieux. Cependant, lors du processus d'enregistrement, la ministre des Missions nationales Orit Strock, qui a remporté les primaires au sein du centre du parti, a été enregistrée sous une autre formation : « Un avenir - Un avenir meilleur pour Israël ». Cette manœuvre devrait rapporter au parti du Sionisme religieux un financement étatique supplémentaire permanent d'environ 1,2 million de shekels par an.
Ceux qui ne connaissent pas les subtilités des lois électorales pourraient penser qu'il s'agit d'un acte illégal, mais la loi sur le financement des partis rend cette manœuvre, perçue comme manquant d'éthique, parfaitement légale.
Le fonctionnement de la loi sur le financement des partis
Selon la formule de la loi sur le financement des partis, l'État ne verse pas aux partis une somme uniforme, mais compose le budget à partir d'unités de financement : une partie proportionnelle au nombre de députés à la Knesset, et une partie fixe accordée simplement parce que le parti est enregistré et existe.
C'est exactement ce mécanisme qui s'applique actuellement dans le cas du Sionisme religieux. Strock reste membre de la liste et du bloc politique, mais sur le papier, elle est rattachée à un autre parti – « Un avenir - Un avenir meilleur pour Israël » – au lieu de « Union nationale - Tkuma », sous lequel la majeure partie du parti du Sionisme religieux, dirigé par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, s'est enregistrée. En fin de compte, ce rattachement ne modifie ni le bulletin de vote ni l'identité des candidats vus par le public, mais il ajoute une ligne au tableau de financement. C'est pourquoi on appelle parfois cela un parti étagère : il est enregistré, possède un nom et un représentant, et donne droit à une unité de financement supplémentaire même s'il n'existe aucun corps indépendant distinct en pratique.
Précédents et implications politiques
Il convient de noter que le Sionisme religieux n'est pas le seul à avoir eu recours à cette manœuvre. Il a également été révélé qu'Otzma Yehudit avait utilisé cette astuce, le ministre Yitzhak Wasserlauf et le député Yitzhak Kroizer s'étant enregistrés sous la bannière « Notre Terre d'Israël » au lieu de « Front national juif ». Des manœuvres similaires avaient déjà été menées lors d'élections précédentes par d'autres partis.
La loi a été initialement rédigée pour permettre aux petits organismes politiques indépendants de subsister sans dépendre totalement de donateurs privés. En pratique, cette même formule permet à un bloc existant de se scinder administrativement pour obtenir davantage de fonds publics. Le prix potentiel est d'ordre organisationnel : un membre enregistré dans un parti séparé peut ensuite faire dissidence plus facilement qu'un transfuge d'une fraction unique. D'ici là, tant que la liste reste unie, le résultat pratique est simple : un parti enregistré de plus, une unité de financement de plus, et davantage d'argent de l'État.




