Rapport : La mer fermée, devenue le tuyau d'oxygène militaire de l'Iran
L'alliance militaire entre Moscou et Téhéran prend une nouvelle forme : la Russie transfère des composants de drones à l'Iran via la mer Caspienne, l'aidant à restaurer ses capacités endommagées durant la guerre contre les États-Unis et Israël. Cet itinéraire, utilisé auparavant par l'Iran pour approvisionner la Russie, fonctionne désormais dans le sens inverse.

L'alliance militaire entre Moscou et Téhéran prend une nouvelle forme : la Russie transfère des composants de drones à l'Iran via la mer Caspienne, l'aidant à restaurer ses capacités endommagées durant la guerre contre les États-Unis et Israël. Cet itinéraire, utilisé auparavant par l'Iran pour transférer des drones, des composants et des munitions à la Russie pour la guerre en Ukraine, est désormais utilisé par Moscou pour aider au réarmement de Téhéran, comme l'a rapporté aujourd'hui (mardi) la chaîne NBC.
La mer Caspienne devient une artère d'approvisionnement stratégique pour l'Iran. Selon des rapports basés sur des sources américaines, la Russie envoie par la mer des composants destinés aux drones iraniens, aidant ainsi Téhéran à reconstruire sa capacité offensive après les dommages subis pendant la guerre.
Il s'agit d'un renversement de la relation observée au cours des premières années de la guerre en Ukraine. Alors que l'Iran fournissait autrefois à la Russie des drones Shahed et du matériel militaire, Moscou utilise désormais la même artère logistique pour faire circuler du matériel dans la direction opposée.
Selon des responsables américains, l'Iran a perdu une partie importante de son stock de drones pendant les combats. Un rapport publié en mai estimait que Téhéran avait perdu environ 60 % de son stock de drones.
Le choix de la mer Caspienne n'est pas fortuit. Il s'agit d'une étendue d'eau fermée entourée de cinq pays : la Russie, l'Iran, l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan. Contrairement au golfe Persique, cette région offre des opportunités limitées aux États-Unis et à leurs alliés pour faire respecter les sanctions ou intercepter les cargaisons.
Du côté russe, les ports d'Astrakhan, Olya et Makhatchkala sont utilisés, tandis que du côté iranien, Bandar Anzali et Amirabad se distinguent. L'itinéraire permet aux navires de circuler directement entre la Russie et l'Iran, sans passer par le détroit d'Ormuz ou les voies maritimes contrôlées par les forces occidentales.
L'importance de ces ports a été soulignée en novembre 2024, lorsque l'Union européenne a ajouté Amirabad et Anzali à une liste liée au transfert de technologies militaires iraniennes vers la Russie. L'UE a également imposé des mesures aux compagnies maritimes russes impliquées dans le transport d'armement.
L'importance militaire de la route a également attiré des frappes israéliennes. Le 18 mars, Israël a attaqué des navires, un centre de commandement et un chantier naval dans le port de Bandar Anzali. Malgré ces actions, les rapports continus sur les expéditions de composants indiquent que l'axe n'a pas été totalement coupé.
Une analyse du CSIS a déterminé que les routes traversant la région caspienne sont attrayantes pour l'Iran car elles contournent les goulots d'étranglement où les capacités d'interception américaines sont concentrées. En août 2025, l'Ukraine a annoncé avoir attaqué le cargo russe Port Olya-4, qui transportait des composants pour des drones Shahed.
Ce développement illustre la nature bidirectionnelle de la connexion militaire entre la Russie et l'Iran. Moscou, ayant acquis de l'expérience dans la production et l'exploitation de systèmes iraniens, est désormais en mesure d'aider Téhéran à restaurer sa puissance militaire. La mer Caspienne demeure le lien unissant les deux pays dans ce partenariat approfondi.




