À quelques kilomètres du Golan : l'EI se regroupe dans le sud de la Syrie
Un rapport du centre « Alma » avertit que l'EI passe de la dissimulation à l'implantation dans le sud de la Syrie, près de la frontière israélienne. Selon l'étude, l'organisation met en place des infrastructures, utilise des routes de contrebande et pourrait exporter la menace vers le Liban et la Jordanie.
Des rapports de renseignement israéliens indiquent un changement inquiétant dans les activités de l'EI dans le sud de la Syrie. Selon les estimations, l'organisation ne s'appuie plus uniquement sur des cellules dispersées, mais travaille à la création d'une infrastructure opérationnelle permanente dans la zone adjacente à la frontière nord d'Israël.
Un document stratégique du centre « Alma » souligne que les développements sécuritaires dans le sud de la Syrie créent une réalité complexe. Les districts du sud — principalement Quneitra et Daraa — sont devenus des points d'importance géostratégique, situés à proximité immédiate du plateau du Golan et des frontières avec la Jordanie et le Liban.
De l'étape de la dissimulation à l'implantation logistique
La nature des récentes activités de l'EI indique que l'organisation est passée d'une étape de dissimulation à une étape d'implantation logistique. L'une des preuves en est une opération des forces de sécurité syriennes, qui ont démantelé une cellule terroriste dans la ville de Khan Arnabah, près de la zone frontalière à Quneitra. La cellule gérait un atelier central de production d'armes, stockait des armements et fournissait des voies d'approvisionnement à d'autres cellules opérant au plus profond du sud de la Syrie.
La cellule opérait sous la direction d'un activiste utilisant divers pseudonymes pour dissimuler son identité. Selon le centre « Alma », cela témoigne d'un haut niveau de prudence opérationnelle et d'une implantation organisationnelle profonde au sein de l'environnement local. Ce développement dépasse le cadre d'un problème de sécurité local et pourrait affecter la stabilité dans toute la région.
Le « triangle de la mort » du sud de la Syrie
L'étude pointe trois risques principaux interconnectés, décrits comme un « triangle de la mort » se formant dans le sud de la Syrie :
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La proximité avec Israël : l'existence de cellules capables de produire des explosifs à quelques kilomètres du plateau du Golan crée un potentiel d'embrasement sécuritaire et de provocations militaires.
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Les routes de contrebande d'armes : il existe un lien inquiétant entre les cellules de l'EI et les artères de contrebande menant au Liban. Des saisies de roquettes Grad de 122 mm dans les montagnes d'Arsal, ainsi qu'à Al-Hisha et Al-Hara, montrent que des zones en Syrie sont utilisées comme routes de transit pour le transfert d'armes.
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L'exploitation du territoire : l'EI bénéficie de la topographie complexe de la zone et du fait que l'attention internationale est détournée, ce qui lui permet de construire une infrastructure loin des centres de frappes aériennes intensives.
La crainte : la menace va se propager aux pays voisins
Le centre « Alma » avertit que la persistance du sud de la Syrie comme axe logistique pour la contrebande d'armes pourrait placer toute la région face à des scénarios dangereux. L'échec du démantèlement de l'infrastructure pourrait permettre à la menace de se propager au Liban, à la Jordanie et à Israël.
Le centre estime que la gestion de cette menace ne peut se limiter à des actions ponctuelles. Le sud de la Syrie doit être traité comme un espace géostratégique unique, où le contrôle des frontières, le démantèlement de l'infrastructure terroriste et la mise en échec des réseaux d'approvisionnement font partie de la même campagne. Plus le vide sécuritaire persistera, plus grande sera la chance que l'EI se transforme en une infrastructure opérationnelle stable à courte distance des frontières d'Israël.



