Le parc du Puy du Fou au cœur d'une tempête politique en France

Le parc français Puy du Fou fait face à de vives critiques pour propagation présumée de propagande d'extrême droite et réécriture de l'histoire, tandis que des millions de visiteurs continuent d'affluer.

MaarivAuteur : Eli Leon
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Le parc du Puy du Fou au cœur d'une tempête politique en France
Photo : Maariv / הפארק "פואי דו פו" בצרפת | צילום: ADRIEN AUZANNEAU / HANS LUCAS/Hans Lucas via AFP/AFP via Getty Images

Au cœur des champs de blé de l'ouest de la France, à environ quatre heures de route au sud-ouest de Paris, se trouve un parc d'attractions tout à fait singulier. Des navires vikings et des pianos émergent de bassins d'eau et des chevaliers galopent à cheval. Il s'agit du parc du Puy du Fou, devenu le site le plus populaire de France après Disneyland. Aujourd'hui, comme le rapporte The New York Times, il se retrouve au centre d'une tempête politique et culturelle.

Vision d'extrême droite ou divertissement innocent ?

Beaucoup en France exècrent le parc. Les critiques l'accusent de propager de la « propagande d'extrême droite », une accusation qui résonne fortement alors que la droite conservatrice du pays s'approche du pouvoir. Selon le reportage, les détracteurs affirment que le parc utilise l'histoire comme une arme pour promouvoir les valeurs de son fondateur, Philippe de Villiers, ancien parlementaire soutenant des politiques d'extrême droite et militant contre l'Union européenne, les musulmans et l'immigration.

De Villiers a récemment écrit que le parc s'inscrit dans une « bataille culturelle » plus large, déclarant : « Les victoires culturelles précèdent les victoires politiques ». Dans son livre Populicide paru en 2025, il a soutenu que l'immigration provoque l'effondrement de la France. En revanche, son fils Nicolas, qui dirige le parc depuis 2012, insiste sur le fait que sa seule ambition est de « créer des spectacles qui donnent aux gens envie d'aimer la France ».

Le parc s'étend sur environ 1 000 dounams, s'apparentant à un parc naturel. Des sentiers de terre mènent à des décors élaborés et à des spectacles sur l'histoire de France dotés d'effets spéciaux époustouflants. Dans un spectacle romain, des chars font la course autour d'un obélisque qui se transforme en un navire géant, tandis que dans un autre, plus de 300 oiseaux de proie survolent les spectateurs.

Le parc, qui a débuté en 1978 comme un spectacle bénévole près d'un château en ruine, s'est transformé en un empire. Après avoir visité Disneyland en Floride en 1989, de Villiers a décidé de fonder une entreprise professionnelle offrant aux Français leur « récit fondateur ». Aujourd'hui, le parc emploie environ 3 000 salariés et exploite cinq hôtels à thème ainsi que 26 restaurants. En 2025, il a enregistré un chiffre d'affaires d'environ 350 millions de dollars pour un record de trois millions de visiteurs. Il s'est même étendu en Espagne et prévoit l'ouverture d'une succursale en Grande-Bretagne.

Réécriture de l'histoire et gloire plutôt que honte

Avec le succès croissant, les critiques des historiens et des politiciens de gauche se sont intensifiées. En 2022, quatre historiens ont publié un livre intitulé Le Puy des mensonges, qualifiant le parc d'« idéologique ». Florian Besson, l'un des auteurs, a affirmé que « l'effacement de la Révolution française et la cour faite au christianisme constituent la recette du parc ».

Les spectacles dépeignent les premiers Français comme des chrétiens persécutés tout en déformant des faits historiques, présentant par exemple le christianisme comme agressé par des Romains païens ou des Vikings, soit l'inverse de l'histoire réelle. En outre, The New York Times relève que le parc occulte totalement les chapitres sombres du passé français : l'esclavage, le colonialisme et le régime de Vichy ayant collaboré avec les nazis. Nicolas de Villiers ne s'excuse pas pour ces omissions, expliquant : « Nous préférons toujours la gloire à la honte ».

L'homme politique de gauche François Ruffin explique que l'attention négative s'est accrue parallèlement au renforcement du parti du Rassemblement national, dont la cheffe Marine Le Pen menace de remporter la présidence l'année prochaine. Ruffin perçoit le parc comme un élément d'un appareil de droite plus vaste soutenu par le milliardaire français Vincent Bolloré, propriétaire d'une chaîne de télévision de droite où s'exprime également de Villiers. Selon Ruffin, cet appareil remporte la « guerre culturelle » actuelle.

Malgré tout, les familles continuent de fréquenter le parc. Certaines adhèrent au message, mais la plupart viennent pour le divertissement et l'évasion. Comme l'a résumé une enseignante en visite au journal The New York Times : « Quand je viens ici, je dissocie le parc de l'homme qui l'a créé ». Sa fille, tout en admettant qu'il est difficile d'ignorer les partis pris flagrants, y est retournée pas moins de quatre fois.

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