Protestations à Tibériade contre la nouvelle taxe sur les « déchets excédentaires »

Des dizaines de propriétaires d'entreprises à Tibériade ont manifesté pour dénoncer l'imposition de frais sur les « déchets excédentaires », jugés injustes en période de crise économique. Face à la pression, la municipalité a annoncé un gel temporaire des mesures d'application en attendant l'examen des dossiers individuels.

WallaAuteur : Eli Ashkenazi
Source
Protestations à Tibériade contre la nouvelle taxe sur les « déchets excédentaires »
Photo : צילום: Walla.co.il

Alors que la température extérieure avoisinait les 40 degrés Celsius, des dizaines de propriétaires d'entreprises à Tibériade sont descendus dans la rue pour protester contre les frais de « déchets excédentaires » imposés récemment. Selon les manifestants, ces redevances de collecte des ordures représentent un fardeau financier lourd et injustifié en cette période difficile où les entreprises locales tentent de survivre. Durant la manifestation, les protestataires ont bloqué par intermittence la rue principale, la rue HaGalil. « Notre message à la municipalité de Tibériade est clair : arrêtez immédiatement ces prélèvements », ont martelé les leaders du mouvement.

Le trottoir casher : la solution pour éviter les « spectacles impudiques »

Les commerçants exigent l'annulation ou le gel immédiat de ces paiements, prévenant que si aucune solution n'est trouvée pour répondre à leur détresse, les actions de protestation s'intensifieront. Cette vague de mécontentement reflète la douloureuse réalité économique du Nord. Comme l'ensemble des entrepreneurs du pays, les petites entreprises de Tibériade traversent une crise prolongée depuis le 7 octobre 2023.

Tibériade est une ville dont l'économie repose largement sur l'industrie touristique, moteur essentiel qui irrigue toute la chaîne commerciale, de la vente au détail à la restauration. Ce secteur a été particulièrement touché ces trois dernières années, et la stagnation quasi totale de l'arrivée des touristes se fait cruellement sentir dans les caisses des commerçants. Pour ces derniers, l'exigence de paiements supplémentaires est un coup qu'ils ne peuvent tout simplement pas absorber.

Qui est concerné par ce paiement ?

La « taxe sur les déchets excédentaires » s'applique uniquement à la quantité d'ordures dépassant le quota de base défini pour chaque entreprise, calculé généralement en fonction du nombre d'employés et du type d'activité. Cette redevance vise principalement les établissements générant des volumes importants de déchets commerciaux ou industriels, tels que les restaurants, les salles de réception, les supermarchés, les usines et les centres logistiques. Les petits bureaux et magasins, dont la production de déchets est limitée, ne dépassent généralement pas ce seuil et ne sont donc pas soumis à cette taxe.

La décision de percevoir cette redevance relève de la discrétion municipale, sous réserve de l'adoption d'un arrêté municipal spécifique approuvé par le ministère de l'Intérieur. De plus, les tarifs et les formules de calcul sont encadrés par des normes nationales afin d'éviter toute perception arbitraire.

Face à la fronde, la municipalité de Tibériade tente d'apaiser les esprits en annonçant un gel des mesures coercitives : « Suite aux demandes des propriétaires d'entreprises, il a été décidé d'examiner les plaintes au cas par cas. Dans environ deux semaines, une décision finale concernant l'application de la loi sur les déchets excédentaires sera publiée, précisant le montant dû pour chaque entreprise. D'ici là, le maire Yossi Nabaa a ordonné au département de l'Arnona (taxe municipale) de suspendre les mesures d'application liées aux avis de paiement envoyés le mois dernier ».

Les propriétaires d'entreprises ont fait savoir qu'ils ne se contenteraient pas d'un report à court terme et attendent de voir si cet examen individuel aboutira à l'annulation du décret ou à une révision substantielle des critères établis.

Dans la même rubrique