Pourquoi parle-t-on soudainement de « retournement des canons » - et Tsahal se prépare-t-il ?

Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a de nouveau soulevé la question de l'utilisation potentielle des armes des services de sécurité palestiniens contre Israël. Tsahal souligne que, bien que le scénario soit étudié, aucun renseignement n'indique un tel plan. La partie palestinienne dénonce une manipulation politique.

YnetAuteurs : Elisha Ben Kimon, Itamar Eichner, Einav Halabi
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Pourquoi parle-t-on soudainement de « retournement des canons » - et Tsahal se prépare-t-il ?
Photo : Ynet / צילום: JAAFAR ASHTIYEH / AFP

Depuis la semaine dernière, le terme « retournement des canons » est de plus en plus entendu en Israël. Tout a commencé lors d'une discussion au Commandement du Centre où le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a pris le chef d'état-major au dépourvu avec une question sur ce qui se passerait dans une telle situation, alors que le commandement présentait un rapport sur les émeutes causées par des colons extrémistes.

Cela s'est poursuivi par une déclaration de Nétanyahou dans une interview et fait écho à ses déclarations passées, ainsi qu'à celles des ministres de son gouvernement. Tsahal précise que ce scénario est connu et a été pratiqué, mais qu'en pratique, il n'existe aucun renseignement indiquant un tel plan. Le « retournement des canons » désigne une situation où les armes des services de sécurité palestiniens — qui détiennent légalement des milliers d'armes en Judée-Samarie avec l'approbation d'Israël — seraient retournées contre des localités israéliennes ou des soldats de Tsahal.

Inquiétudes et préparation

Au sein du cabinet, le sujet est soulevé régulièrement. Lors d'une récente discussion, des données ont été présentées montrant que l'ampleur du terrorisme palestinien est en baisse significative, mais qu'en revanche, la criminalité nationaliste est en hausse. Le commandant du Commandement du Centre, Eyal Zamir, a déclaré que la criminalité nationaliste est « comme une allumette qui peut tout enflammer en un instant », et a averti que l'attention de Tsahal est constamment détournée pour faire face à cette criminalité au lieu d'arrêter le terrorisme palestinien.

Nétanyahou a mis le chef d'état-major sous pression en posant soudainement des questions sur le retournement des canons. Zamir a clarifié aux ministres que Tsahal se prépare à ce scénario et que la division de Judée-Samarie a pratiqué une telle possibilité. « Si cela arrive, nous savons comment agir », a-t-il déclaré.

La ministre Orit Struck, du parti du ministre des Finances Bezalel Smotrich, pousse également cette question, insistant sur l'effondrement de l'Autorité palestinienne. Malgré l'absence de renseignements indiquant que l'Autorité palestinienne est sur le point de faire un mouvement dramatique, l'armée ne prend pas de risques et se prépare au scénario extrême. Zamir a annoncé qu'en raison de la crainte d'une escalade, un quartier général de division a été mis en état d'alerte.


La perspective palestinienne

Du côté palestinien, certains prétendent que les déclarations en Israël visent à créer un prétexte pour une confrontation militaire, à affaiblir l'Autorité et à servir des besoins politiques internes. Abdallah Kamil, gouverneur du district de Tulkarem et ancien haut responsable des services de sécurité, a rejeté les affirmations selon lesquelles l'Autorité possède des armes offensives : « Les armes entre les mains de l'Autorité sont des armes de police légères. Le maximum que nous avons, c'est une Kalachnikov ».

Il a précisé que cet équipement a été transféré dans le cadre d'accords uniquement à des fins de maintien de l'ordre et de sécurité intérieure. Des sources palestiniennes craignent que le fait de présenter les services de sécurité comme une « menace » serve Nétanyahou et la droite pour mobiliser le soutien public, ce qui pourrait finalement créer un vide sécuritaire et accroître l'instabilité sur le terrain.

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