Pour éviter l'effondrement, Tsahal tente une révolution dans sa politique de ressources humaines : données, mesures et inquiétudes

Une transformation profonde est en cours au sein de l'armée pour combler le fossé entre la multiplication des missions et le manque de 12 000 soldats. La stratégie repose sur l'orientation accrue des recrues vers le combat, l'expansion du système de réserve et un investissement massif dans la préparation de la jeunesse. Tsahal reste toutefois en attente de solutions structurelles, notamment concernant le recrutement des ultra-orthodoxes, pour alléger la charge opérationnelle.

YnetAuteur : Yosi Yehoshua
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Pour éviter l'effondrement, Tsahal tente une révolution dans sa politique de ressources humaines : données, mesures et inquiétudes
Photo : Ynet / צילום: דובר צה"ל

Parmi les concepts controversés que Tsahal a connus, celui de la « petite armée intelligente » a été le plus critiqué. Son enterrement définitif a eu lieu le 7 octobre 2023. Jusque-là, sous la pression de gouvernements souhaitant réduire les budgets, Tsahal s'appuyait sur une force régulière réduite et technologique, complétée par des réservistes. Ce modèle, efficace pour des guerres courtes, s'est révélé inadapté à la guerre multi-fronts « Épées de fer ».

Une révolution dans la construction des forces

Sous l'impulsion du chef d'état-major Eyal Zamir, Tsahal mène une révolution majeure. Depuis le 7 octobre, le dispositif de combat a augmenté de plusieurs dizaines de pour cent. Concrètement, cela signifie davantage de bataillons et de brigades sur le terrain. Le paradoxe est frappant : cette expansion a lieu alors que Tsahal déclare un manque de 12 000 soldats, dont 7 500 combattants.

L'armée a repensé sa gestion des ressources humaines, privilégiant la rétention des soldats et l'efficacité opérationnelle. La division de Gaza, par exemple, est passée de deux brigades territoriales et quatre bataillons à deux états-majors de division, cinq brigades et 16 bataillons. Des renforcements similaires ont été effectués sur la frontière nord et dans la vallée du Jourdain avec la création de la division « Ha-Gilad ».

Le défi des réserves

La question des réserves est la leçon principale de ce conflit. Le réservoir de réserve a augmenté de 36 % grâce à l'annulation des exemptions et au retour de plus de 100 000 volontaires. Cependant, cet effort a engendré un épuisement critique : certains réservistes ont atteint 600 jours de service en moins de trois ans, subissant des dommages personnels et professionnels importants.

La question du recrutement ultra-orthodoxe

Pour renforcer les bataillons réguliers, davantage de recrues sont nécessaires. Le nombre d'ultra-orthodoxes s'enrôlant devrait passer de 2 800 à 4 300 cette année. Toutefois, seuls 900 environ devraient intégrer des rôles de combat, la majorité préférant des filières technologiques. Tsahal cherche à obtenir un consensus avec l'élite ultra-orthodoxe, conscient que la légitimité est aussi importante que les chiffres.

Préparation et perspectives

La motivation pour le service de combat est en hausse. Des programmes comme « Haznek » permettent à des milliers d'adolescents de se préparer physiquement et mentalement avant leur incorporation. Actuellement, 42 000 jeunes suivent une préparation, avec un objectif de 60 000.

Malgré ces initiatives, le chef d'état-major Zamir a averti le cabinet : sans solution immédiate à la pénurie de main-d'œuvre et à l'épuisement des troupes, « Tsahal s'effondrera de l'intérieur ». L'État exige une capacité opérationnelle accrue sans fournir les moyens budgétaires ou législatifs adaptés. La leçon d'« Épées de fer » est limpide : la quantité et la qualité sont indissociables. Tsahal a besoin d'une loi de recrutement efficace, d'un système de réserve régulé et d'une décision claire sur la durée du service obligatoire pour garantir la sécurité de l'État.

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