« Politique systématique » : comment la Turquie traque les soldats de Tsahal
Le ministère de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme a publié un rapport détaillant comment des organisations turques identifient les Israéliens possédant la double nationalité ayant servi dans Tsahal pour déposer des plaintes contre eux.

Le ministère de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme a révélé mercredi de nouvelles études montrant comment la Turquie transforme l'antisémitisme en un outil de pression politique contre Israël, dans le but d'incriminer des soldats israéliens sur la base de fausses allégations de « crimes de guerre ».
Les recherches révèlent que des organisations telles que WOLAS et Freedom Watch Platform, qui semblent être des groupes de « société civile », utilisent des systèmes OSINT avancés pour localiser les soldats de Tsahal et les citoyens possédant la double nationalité. Ces opérations sont menées avec la connaissance du gouvernement turc.
« Ces dernières années, la Turquie a mis en place un mécanisme étatique où l'antisémitisme, la délégitimation et la guerre juridique contre les Israéliens sont menés avec une forte intensité, dans le cadre d'une politique systématique dictée par la direction du pays », a déclaré le ministère. Les conclusions indiquent que ce mécanisme est profondément enraciné, s'étendant du système éducatif et religieux jusqu'aux organisations opérant à l'échelle internationale contre les soldats de Tsahal et les citoyens israéliens.
Méthodes opérationnelles
Le rapport souligne la méthodologie préoccupante de la Freedom Watch Platform. Les militants utilisent le renseignement de sources ouvertes pour localiser les Israéliens possédant la nationalité turque et ayant servi dans Tsahal. L'organisation surveille les abonnés et les publications sur les réseaux sociaux, en se concentrant sur les pages identifiées avec la communauté juive en Turquie. Une fois une « cible » identifiée, l'organisation cartographie ses liens familiaux et sociaux, analyse les photos pour détecter des signes militaires ou une appartenance à une unité, puis publie les données tout en déposant simultanément des plaintes juridiques par l'intermédiaire d'avocats en Turquie.
Le rapport présente une étude de cas de février 2026 concernant une ancienne soldate possédant la nationalité israélo-turque. Les militants l'ont retrouvée grâce à des publications sur les réseaux sociaux, notamment une publication de sa mère le jour de son enrôlement. Après avoir analysé ses photos pour confirmer son service militaire, ils ont cartographié les membres de sa famille et déposé une plainte officielle.
Hostilité institutionnalisée
La Freedom Watch Platform est née de manifestations sur le terrain au port d'Istanbul en 2024 concernant les expéditions d'aide vers la bande de Gaza. Au fil du temps, la plateforme a déplacé son objectif, passant de la délégitimation de l'État d'Israël et des entreprises israéliennes à la prise pour cible de citoyens israéliens individuels.
Le ministre de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme, Amichai Chikli, a déclaré : « La Turquie, sous le régime dictatorial et islamiste d'Erdogan, agit avec tous les outils à sa disposition pour nuire à l'État d'Israël. Israël doit couper tous les liens avec le régime d'Erdogan et reconnaître que nous devons nous préparer à une incitation antisémite sauvage au sein du système éducatif et de la direction turque ».



