Un ex-policier admet que le Premier ministre a été écouté sans autorisation

Un ex-haut responsable de la police a admis que les forces de l'ordre ont mis sur écoute un proche de Netanyahu pour intercepter le Premier ministre sans l'aval du procureur.

Now14Auteur : Efrat Bryner
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Un ex-policier admet que le Premier ministre a été écouté sans autorisation
Photo : Now14 / משפט נתניהו, ארכיון | צילום: יונתן זינדל, פלאש 90

Le témoignage de l'ancien chef adjoint de l'Unité nationale d'enquête sur la fraude, le commandant Shmuel Sharvit, continue de secouer le procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Lors d'une audience au tribunal, l'avocat de la défense de Netanyahu, Me Amit Hadad, a présenté des documents indiquant que la police a mis sur écoute Natan Eshel, ancien chef de cabinet de Netanyahu et proche conseiller.

L'enquête a révélé que l'objectif était de recueillir des preuves contre le « suspect principal », qui selon la défense est Netanyahu lui-même, à une époque où la loi exigeait une autorisation explicite du procureur général pour mener des enquêtes contre un Premier ministre en exercice — une approbation qui n'a pas été accordée. Sharvit a admis à la barre que des conversations entre les deux hommes ont pu être interceptées et a confirmé que le dispositif d'écoute a été retiré après un mois seulement, réalisant qu'il n'y avait pas d'autorisation du procureur général.

La demande d'écoute et le « suspect principal »

Au cœur du contre-interrogatoire figurait la demande de la police d'obtenir un mandat d'écoute pour le téléphone de Natan Eshel. Me Hadad a présenté la justification officielle écrite par la police au juge pour obtenir l'ordonnance : « La chance de recueillir des preuves est concrète et significative, et il y a davantage d'indications qu'Eshel est en contact avec le suspect principal. »

Lorsque Hadad a lancé au témoin : « Le suspect principal est Netanyahu », Sharvit n'a pas nié l'identité du suspect, mais a affirmé : « La collecte de preuves ne nécessite pas une conversation avec le Premier ministre. » Hadad a poursuivi en demandant si des conversations directes entre Eshel et Netanyahu avaient été captées, et Sharvit a répondu : « C'est possible que oui. »

Le démantèlement soudain du dispositif d'écoute

Plus tard dans l'audience, Me Hadad a affirmé que la police ne s'était pas contentée de mettre sur écoute le téléphone portable d'Eshel, mais avait également demandé un mandat pour la ligne fixe de son domicile, supposant que Netanyahu évitait de lui parler au mobile par peur des écoutes. Sharvit a répondu brièvement : « Je ne connais pas une telle chose.

Cependant, le tournant le plus dramatique de l'audience a concerné les circonstances de l'arrêt des écoutes. Sharvit a révélé avoir reçu un ordre direct de son supérieur d'alors, le commandant Koresh Bar-Nur : « Koresh m'a dit : 'Démonte le poste après un mois. Il y a des problèmes, démonte-le.' » À la question de savoir quels « problèmes » étaient évoqués, il a répondu : « J'ai compris qu'il n'y avait pas d'approbation du procureur général. »

Ce témoignage constitue un pilier critique pour la défense, qui soutient que les enquêteurs ont agi sans autorisation pour espionner le Premier ministre, contournant la loi qui exige l'aval écrit du procureur général.

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