Pierres, cendres et ossements : la découverte mystérieuse au cœur du pays

Le mont Ebal est le genre de site où un seul verset peut se transformer en une question archéologique vieille de plusieurs décennies. Selon le Livre de Josué, après son entrée en Terre d'Israël, Josué érige un autel sur le mont Ebal. L'événement est présenté comme faisant partie d'un changement significatif : un peuple qui a vécu quarante ans comme nomade doit maintenant devenir une société de colonies permanentes, de familles, d'agriculture, de propriété et d'institutions.

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Pierres, cendres et ossements : la découverte mystérieuse au cœur du pays
Photo : Now14 / צילום: קמ"ט ארכיאולוגיה

Le mont Ebal est le genre de site où un seul verset peut se transformer en une question archéologique vieille de plusieurs décennies. Selon le Livre de Josué, après son entrée en Terre d'Israël, Josué érige un autel sur le mont Ebal. L'événement est présenté comme faisant partie d'un changement significatif : un peuple qui a vécu quarante ans comme nomade doit maintenant devenir une société de colonies permanentes, de familles, d'agriculture, de propriété et d'institutions. Avec la maison et la terre, il doit également construire une identité commune.

Au sein de ce processus, l'autel du mont Ebal prend une signification large. Il marque une tentative de maintenir l'unité du culte et de la foi précisément au moment où les tribus se dispersent à travers le pays et sont exposées aux centres de culte locaux des peuples de Canaan.

Et puis l'archéologie est arrivée.

Entre 1982 et 1989, dans le cadre de l'enquête sur le mont Menashé, le professeur Adam Zertal a mis au jour sur l'éperon nord-est du mont Ebal une structure en pierre avec une rampe, et à l'intérieur, des restes de cendres et d'ossements. Zertal a daté le site du dernier quart du XIIIe siècle avant notre ère et l'a identifié avec l'autel décrit dans le Livre de Josué.

La structure a été construite avec des pierres entières non travaillées au fer. Des récipients en céramique, des restes cultuels et des ossements d'animaux casher, notamment des moutons, des bovins et des daims, ont été trouvés sur le site, tandis que les ossements de porc étaient absents des découvertes. Des découvertes supplémentaires, notamment des scarabées et des fosses de stockage, ont renforcé la compréhension qu'il s'agit d'un site à caractère cultuel.

Cependant, l'identification de Zertal a suscité une controverse qui perdure encore aujourd'hui. Les chercheurs qui se sont opposés à cette identification ont souligné des caractéristiques qui, selon eux, ne correspondent pas aux autels bibliques connus, notamment la forme de la structure, l'orientation de ses coins et le fait qu'environ 70 % des découvertes en céramique sur le site consistent en des jarres utilisées pour la vie quotidienne et non en des récipients cultuels.

La plupart des chercheurs conviennent qu'il s'agit d'un site cultuel du début de l'âge du fer ou de la fin de l'âge du bronze. La question qui reste ouverte est de savoir s'il peut être identifié sans équivoque avec l'autel biblique de Josué.

C'est précisément cette incertitude qui fait du mont Ebal un lieu qui illustre bien l'idée sous-jacente au projet « Derech Eretz Morashet » (Héritage du pays). Dans le cadre du projet, une initiative est promue à hauteur d'environ 113 millions de shekels sur plus de 70 sites, basée sur la perception qu'un site archéologique ne s'arrête pas le jour où les fouilles se terminent. Il nécessite une conservation, une protection, des recherches continues et, surtout, une accessibilité qui permettra au public de rencontrer les découvertes à l'endroit où elles ont été découvertes.

Sur le mont Ebal, cette importance est particulièrement accentuée : même lorsque les chercheurs sont divisés sur la question de savoir si la structure mise au jour est effectivement l'autel biblique de Josué, il existe un consensus plus large sur son caractère cultuel et son importance pour la compréhension du début de la période de peuplement.

Le ministre du Patrimoine Amichai Eliyahu (Otzma Yehudit) explique :

« Le mont Ebal est l'un de ces sites qui illustrent la puissance du lien entre le Tanakh, l'archéologie et le paysage de la Terre d'Israël. Dans le cadre du projet « Derech Eretz Morashet », nous cherchons à garantir que de tels lieux ne restent pas l'apanage des seuls chercheurs, mais soient accessibles au public. »

Selon lui, « les questions que soulève le mont Ebal font partie de notre héritage tout autant que les réponses, et c'est pourquoi notre devoir est de préserver le site et de permettre aux générations futures de continuer à l'étudier. »

Il n'est pas nécessaire d'arriver sur le site pour recevoir une réponse toute faite. On peut arriver pour rencontrer la question elle-même : se tenir à côté des pierres, lire le texte biblique, voir ce que l'archéologie a trouvé et comprendre comment la recherche, la tradition et le paysage se rencontrent — et parfois aussi débattent.

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