Papouasie-Nouvelle-Guinée : une sécheresse historique d'El Niño menace des millions
Une sécheresse historique liée à El Niño affecte huit millions de personnes en Papouasie-Nouvelle-Guinée, provoquant des pénuries d'eau et des coupures d'électricité.

Une sécheresse sans précédent provoquée par le phénomène climatique El Niño touche durement près de huit millions de personnes en Papouasie-Nouvelle-Guinée, entraînant de graves pénuries d'eau et de nourriture ainsi que des coupures d'électricité.
Des coalitions d'organisations religieuses, de syndicats et d'associations professionnelles ont déclaré une crise nationale, dénonçant l'absence de plan gouvernemental coordonné pour protéger les populations vulnérables. Dans certaines régions, les précipitations ont chuté depuis le mois d'août à moins d'un quart des niveaux habituels.
Impact Humanitaire dans les Zones Rurales
La crise frappe de plein fouet les communautés rurales et montagnardes qui dépendent de l'agriculture vivrière. Emily Marren, responsable des projets humanitaires chez CARE International, a indiqué que les familles se contentent d'un seul repas par jour et que les pénuries alimentaires alimentent des tensions locales.
Les femmes et les jeunes filles sont particulièrement touchées, contraintes de marcher de trois à quatre heures pour s'approvisionner en eau et en nourriture, ce qui accroît leur vulnérabilité face aux harcèlements. Dans le district de Bulolo, l'assèchement des rivières a contraint les écoles et les centres de santé à réduire leurs horaires d'ouverture.
Perturbations Énergétiques et Réaction des Autorités
Les répercussions atteignent la capitale, Port Moresby, où la compagnie d'électricité nationale a instauré des coupures de courant tournantes en raison de la baisse des niveaux d'eau dans les barrages hydroélectriques. Les autorités préviennent que ces perturbations pourraient durer jusqu'à dix mois.
Kassis Inape, directeur adjoint du service météorologique national, a expliqué que ce cycle d'El Niño a provoqué un déplacement des eaux tropicales chaudes vers l'est, réduisant drastiquement les précipitations. Le Premier ministre James Marape a ordonné aux autorités locales de se préparer à une sécheresse prolongée et annoncé des mesures budgétaires d'aide d'urgence.



