« Organisation criminelle » au sommet de l'État : l'opération d'enquête qui secoue Kiev

Les organismes de lutte contre la corruption en Ukraine mènent une vaste opération contre une « organisation criminelle » qui, selon les soupçons, incluait des parlementaires et des hauts fonctionnaires du bureau du président. Les noms des suspects et les délits n'ont pas encore été révélés, sur fond d'une série d'affaires ayant atteint l'entourage du président Volodymyr Zelensky.

MaarivAuteur : Eli Leon
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« Organisation criminelle » au sommet de l'État : l'opération d'enquête qui secoue Kiev
Photo : Maariv / וולודימיר זלנסקי | צילום: רויטרס

Les agences de lutte contre la corruption en Ukraine ont annoncé ce matin, mercredi, qu'elles mènent une vaste opération pour démanteler une « organisation criminelle » qui, selon les soupçons, opérait sous la direction d'un membre du parlement en exercice et d'un ancien membre du parlement, avec la participation de hauts fonctionnaires du bureau du président de l'Ukraine et d'autres parties.

À ce stade, le Bureau national anticorruption d'Ukraine (NABU) et le Bureau du procureur spécialisé anticorruption (SAPO) n'ont pas publié les noms des suspects, les détails des soupçons ou les délits examinés, précisant que des détails supplémentaires seraient fournis ultérieurement.

Cette annonce inhabituelle suscite un grand intérêt à Kiev, car elle indique une enquête qui atteint une fois de plus les plus hauts niveaux du système politique ukrainien.

Selon les médias locaux, l'opération est menée contre un groupe qui aurait été dirigé par des politiciens en exercice et anciens, avec l'implication de hauts fonctionnaires du bureau présidentiel. Au cours de la matinée, il n'a pas été signalé si des arrestations ou des perquisitions avaient été effectuées, et il n'a pas été publié si le président Volodymyr Zelensky ou son bureau avaient fourni une réponse.

L'enquête actuelle intervient après des mois de turbulences autour d'affaires de corruption qui ont également touché l'entourage proche de Volodymyr Zelensky. En mai dernier, les autorités de lutte contre la corruption ont annoncé qu'Andriy Yermak, l'ancien chef du bureau du président et considéré pendant des années comme l'une des personnes les plus puissantes du pays, était soupçonné d'avoir blanchi des centaines de millions de hryvnias via un projet immobilier de luxe près de Kiev. Andriy Yermak, qui a démissionné de son poste en novembre 2025 après que des enquêteurs ont effectué des perquisitions, a nié les délits qui lui étaient attribués.

La lutte autour de l'indépendance des organes d'enquête s'était déjà transformée en crise politique pour Volodymyr Zelensky l'année dernière. En juillet 2025, le parlement a approuvé une législation limitant l'indépendance du NABU et du SAPO et transférant des pouvoirs importants au procureur général. Cette mesure a déclenché les plus grandes manifestations publiques en Ukraine depuis le début de l'invasion russe à grande échelle, ainsi que des critiques de la part de l'Union européenne. Sous la pression, Volodymyr Zelensky est revenu sur cette décision et l'indépendance des organes a été rétablie.

En arrière-plan se trouve également l'énorme affaire de corruption au sein de la compagnie énergétique publique Energoatom, dans le cadre de laquelle d'anciens hauts fonctionnaires et des hommes d'affaires proches des centres de pouvoir à Kiev ont été interrogés au cours de l'année écoulée.

L'enquête, connue sous le nom d'« opération Midas », portait sur des soupçons de système de corruption et de blanchiment d'argent d'un montant de plusieurs dizaines de millions de dollars. Elle est devenue un test central de la capacité du NABU et du SAPO à agir contre des hauts fonctionnaires, même en temps de guerre. À ce stade, il n'existe aucune base publique pour lier la nouvelle enquête à l'affaire Midas, et les autorités n'ont pas encore indiqué s'il existait un lien entre les dossiers.

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