« On se retrouve là-bas le 15 août » : l'appel à la jeunesse marocaine qui fait trembler Ceuta
Moins de deux semaines après que des dizaines de milliers de personnes ont traversé du Maroc vers Ceuta, des appels circulent à nouveau sur les réseaux sociaux pour que les jeunes se rassemblent à la frontière le 15 août. Les autorités espagnoles se préparent à une nouvelle tentative d'entrée massive et précisent qu'elles prennent la menace au sérieux.
Moins de deux semaines après la vague de migration inhabituelle vers l'enclave espagnole de Ceuta, les autorités locales en Espagne se préparent à l'éventualité d'une nouvelle tentative d'entrée massive depuis le Maroc. Ces derniers jours, des appels se sont multipliés sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie pour que les jeunes Marocains se rassemblent dans la zone frontalière à l'approche du 15 août, et à Ceuta, on précise que l'on prend cette menace au sérieux.
Selon « El País », des milliers d'utilisateurs marocains ont discuté dans des groupes Facebook et WhatsApp de la possibilité qu'une nouvelle vague se produise, le message « On se retrouve là-bas le 15 août » apparaissant dans le cadre des échanges sur les réseaux. Une vérification supplémentaire publiée par le journal samedi a montré que l'activité n'a pas disparu, mais est devenue moins visible, notamment grâce à des groupes fermés et des moyens de communication plus difficiles à suivre.
Le porte-parole du gouvernement de Ceuta, Alejandro Ramírez, a confirmé que les autorités sont préoccupées par ces nouveaux appels et que les messages ont été transmis aux services de sécurité compétents. Selon lui, après les événements de fin juillet, « il est clair que les rumeurs sur les réseaux sont inquiétantes », bien qu'il ait exprimé l'espoir que le scénario ne se réalise pas. Les publications incluent également des invitations à rejoindre des groupes visant à coordonner une tentative de traversée collective le 15 août.
L'inquiétude survient après que des dizaines de milliers de personnes ont franchi la frontière du Maroc vers Ceuta le 30 juillet, lors d'un événement devenu la crise migratoire la plus grave qu'ait connue l'enclave ces dernières années. La plupart des migrants sont depuis retournés au Maroc, mais il existe un vif désaccord entre le gouvernement central de Madrid et la direction de Ceuta concernant le nombre de ceux qui sont restés dans la ville.
Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a estimé ce week-end qu'entre 8 000 et 11 000 personnes se trouvent toujours dans l'enclave, et a exigé le déploiement d'au moins un millier de policiers et d'agents de la Garde civile, ainsi qu'un renforcement significatif de la frontière.
Au Maroc aussi, on surveille ces nouveaux appels. Le site Le360 a rapporté que les mêmes canaux numériques utilisés pour diffuser les appels fin juillet ont commencé à faire circuler des messages en vue du 13-15 août. Le site, identifié à la ligne officielle de Rabat, a affirmé, en citant le journaliste Stefano Piazza, que derrière cette campagne se trouve un réseau opérant via des numéros de téléphone algériens, une allégation qui n'a pas été vérifiée de manière indépendante.
Parallèlement, le ministère marocain de l'Intérieur a affirmé que les événements précédents étaient une action coordonnée alimentée par la désinformation et des réseaux de trafic d'êtres humains. Le Conseil national des droits de l'homme au Maroc a également noté que les réseaux sociaux ont joué un rôle central dans la diffusion d'informations trompeuses et dans le mouvement des foules vers la frontière.
Pour l'instant, rien n'indique qu'une nouvelle vague d'une ampleur similaire à celle de fin juillet se produira réellement, mais le simple fait que les appels reprennent sur les réseaux et le traumatisme de l'événement précédent poussent les autorités des deux côtés de la frontière à considérer le 15 août comme un nouveau point de test.




