Où disparaissent nos souvenirs, et comment peut-on les récupérer ?
Nous avons tendance à penser qu'un souvenir oublié est comme un fichier définitivement supprimé d'un ordinateur, mais les scientifiques ont découvert que la réalité est beaucoup plus complexe. Une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Nature Neuroscience montre que chez les mouches à fruits, les souvenirs que nous pensions avoir totalement disparus restent en fait cachés au plus profond du cerveau, prêts à reprendre vie dès que nous recevons le bon déclencheur ou indice.

Nous avons tendance à penser qu'un souvenir oublié est comme un fichier définitivement supprimé d'un ordinateur, mais les scientifiques ont découvert que la réalité est beaucoup plus complexe. Une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Nature Neuroscience montre que chez les mouches à fruits, les souvenirs que nous pensions avoir totalement disparus restent en fait cachés au plus profond du cerveau, prêts à reprendre vie dès que nous recevons le bon déclencheur ou indice.
Pour tester le fonctionnement de la mémoire, les chercheurs ont entraîné des mouches à fruits à associer une certaine odeur à un léger choc électrique, ce qui a poussé les mouches à s'éloigner de cette odeur. Après une journée, la mémoire semblait avoir été effacée et les mouches ont recommencé à s'approcher de l'odeur. Cependant, lorsque les chercheurs ont ramené les mouches exactement dans la même pièce où elles avaient suivi l'entraînement — avec la même odeur, la même texture et le même éclairage — la mémoire s'est soudainement réveillée et les mouches se sont enfuies immédiatement.
Un examen de l'activité cérébrale a prouvé que lorsque les mouches « oublient », la mémoire ne disparaît pas, mais se déplace vers un système neuronal caché et silencieux qui n'active pas l'orientation habituelle. Dès que tous les indices environnementaux se connectent, le cerveau transfère les informations vers le chemin d'origine et le souvenir refait surface.
Cependant, ce processus n'est pas parfait : lorsque les chercheurs ont utilisé une odeur différente et innocente comme indice, les mouches ont été confuses et ont commencé à l'éviter également, comme si elle avait toujours été dangereuse. En d'autres termes, la tentative de reconstruction du souvenir a amené le cerveau à créer par erreur un souvenir totalement faux.
La capacité du cerveau à conserver une sauvegarde secrète des informations oubliées était partiellement connue, mais les scientifiques comprennent maintenant que le cerveau crée à l'avance deux versions de toutes nos expériences mémorielles — l'une qui est active immédiatement, et une autre qui est gardée secrète en cas de besoin. Bien que l'expérience ait été réalisée sur des mouches et non sur des humains, les chercheurs estiment qu'elle offre un aperçu fascinant de la façon dont le cerveau humain parvient également à stocker des souvenirs oubliés, et pourquoi nos souvenirs sont si sujets aux distorsions et aux erreurs.





