« Nous ne partons nulle part » : le message cinglant d'Israël au Conseil de sécurité de l'ONU
Lors d'une réunion spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU, des données ont été présentées sur plus de 1 400 incidents impliquant des colons et sur la promotion d'environ 12 360 unités de logement en Judée-Samarie. Les pays européens ont mis en garde contre une annexion de fait et l'examen de mesures supplémentaires.
Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni la nuit dernière pour une discussion spéciale sur la situation en Judée-Samarie, sur fond d'intensification des critiques internationales concernant la violence des colons, l'expansion des colonies et des mesures qui, selon l'ONU et l'Europe, favorisent effectivement une « annexion de fait » de parties du territoire. La discussion a été initiée par cinq membres européens du Conseil — le Royaume-Uni, la France, le Danemark, la Grèce et la Lettonie. Au cours de la session, des données ont été présentées sur plus de 1 400 incidents impliquant des colons depuis le début de l'année et sur la promotion d'environ 12 360 unités de logement. Israël a rejeté la présentation de ces informations, faisant valoir que le Conseil accorde une attention excessive à la violence commise par des Juifs, tout en ignorant le terrorisme palestinien.
L'ambassadeur d'Israël auprès de l'ONU, Danny Danon, a répondu aux critiques par un message politique cinglant :
« Le Conseil de sécurité doit intérioriser une vérité simple : nous ne partons nulle part. Les communautés juives de Judée-Samarie resteront. Ce ne sont pas des avant-postes temporaires et ce ne sont pas un obstacle à la paix — ce sont des foyers, des familles, des communautés fortes et magnifiques. La Judée-Samarie est le lieu où a commencé le lien éternel de notre peuple avec la Terre d'Israël. »
Danon a particulièrement attaqué l'utilisation du terme « violence des colons », affirmant qu'il impose une responsabilité collective à tout un public en raison des actions d'une minorité extrémiste. Il a souligné qu'Israël condamne cette violence et emploie la police et les forces de sécurité contre ses auteurs. Il a fait valoir que l'ampleur des attaques commises par des extrémistes israéliens est en baisse, tandis que le nombre d'attaques terroristes palestiniennes augmente.
Ramiz Alakbarov, coordinateur spécial adjoint de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, a décrit la situation comme une « urgence nécessitant une action immédiate ». Selon ses données, depuis le début de 2026, des incidents impliquant des colons ont été enregistrés dans plus de 250 communautés palestiniennes, et environ 3 800 Palestiniens ont été déplacés de leurs foyers.
Le Royaume-Uni, la France et d'autres pays ont exprimé leur inquiétude concernant les projets de construction dans la zone E1, avertissant que cela pourrait « couper la Cisjordanie en deux » et nuire à la continuité territoriale d'un futur État palestinien. Les représentants européens ont menacé d'envisager des mesures supplémentaires, notamment des sanctions et des restrictions commerciales, si les tendances actuelles se poursuivent.
La délégation américaine a adopté une position différente, rejetant l'affirmation selon laquelle Israël permet aux colons violents d'agir sans entrave et rappelant les mesures d'application de la loi, les arrestations et le renforcement des forces de sécurité. Washington a réitéré son opposition à l'annexion tout en s'abstenant de soutenir les accusations portées contre Israël concernant une complicité dans la violence.



