Nir Barkat : l'exit raté que les Likoudniks n'oublient pas

Sur le papier, Nir Barkat a tout pour réussir en politique, comme il a réussi dans les affaires. Entrepreneur prospère et ancien maire de Jérusalem, il défend une vision économique de droite. Pourtant, malgré des années au sein du Likoud et des ressources considérables investies auprès des militants, Barkat reste perçu comme un résident temporaire au sein du parti.

Now14Auteur : Tehila Tchakol
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Nir Barkat : l'exit raté que les Likoudniks n'oublient pas
Photo : Now14 / צילום: יונתן זינדל/פלאש 90

Sur le papier, Nir Barkat a tout ce qu'il faut pour réussir en politique, tout comme il a réussi dans les affaires. C'est un homme d'affaires prospère qui a apporté l'esprit des « exits » à la politique, un ancien maire de Jérusalem apprécié par le public, et un partisan d'une vision économique de droite bien argumentée. Mais malgré les années écoulées depuis son atterrissage à Metzoudat Ze'ev, et malgré les ressources énormes qu'il a investies pour embrasser les militants de terrain, il semble que Barkat soit resté au Likoud avec le statut de résident temporaire.

Son problème n'est pas un manque de talent, mais un manque de confiance — pas la sienne en lui-même, mais celle du parti en lui. La direction du Likoud a toujours su digérer les « princes » et les combattants, mais elle a du mal à digérer celui qui est perçu comme ayant sauté à l'intérieur depuis l'extérieur. L'ombre lourde de « Kadima » continue d'accompagner Barkat comme un nuage qui ne se dissipe pas. Il peut nier avec véhémence cette affiliation historique, mais dans la politique de l'émotion et de l'identité, les faits sont parfois moins importants que le sentiment.

Pour le Likoudnik de souche, Barkat a toujours l'air un peu trop « cosmopolite », un peu trop calculateur, et surtout, il est suspecté de garder un plan alternatif dans sa poche. Ces dernières années, Barkat a tout fait pour prouver qu'il est « l'un des leurs ». Il a parcouru le pays, participé à d'innombrables conférences et essayé d'adopter le langage du Likoud. Mais plus il essayait de se rapprocher, plus la méfiance grandissait. C'est le paradoxe de Barkat : plus il investit d'efforts pour être accepté, plus il est perçu comme quelqu'un qui en fait trop.

Maintenant, il fait face à son test le plus significatif. Les rapports sur les tentatives présumées de « putsch » contre Benjamin Nétanyahou dans les jours suivant le 7 octobre sont tombés sur un terrain fertile de méfiance. Pour les loyalistes du Premier ministre, ces rapports (même s'ils sont niés avec véhémence par Barkat) étaient la preuve de ce qu'ils ont toujours soupçonné : que Barkat attend juste le moment opportun pour hériter du fauteuil, par ambition personnelle plutôt que par loyauté envers la voie.

Barkat se retrouve dans un piège. S'il se tait, il est perçu comme faible. S'il attaque ou tente de faire preuve d'indépendance, il est marqué comme quelqu'un qui sape le leadership. La critique à son égard n'est pas aussi tranchante ou venimeuse que celle dirigée contre les opposants politiques de gauche, elle est simplement « tiède » — celle qui s'exprime par une épaule froide dans les couloirs de la Knesset et un manque de volonté des militants de lui donner vraiment les clés du leadership.

Le jour des primaires, la question ne sera pas de savoir combien d'argent a été investi dans la campagne ou combien de programmes économiques il a présentés. La question sera simple : les Likoudniks sont-ils convaincus que Nir Barkat fait vraiment partie de la famille, ou est-il toujours l'invité poli de la high-tech qui a simplement loué une chambre dans la maison commune ? À l'heure actuelle, il semble que la charge de la preuve soit toujours, et peut-être le sera-t-elle toujours, sur lui.

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