Le projet crypto de Nétanyahou face aux incertitudes politiques et économiques
Face à une impasse politique post-électorale, le projet de Benyamin Nétanyahou d'utiliser les cryptomonnaies pour parer aux sanctions internationales suscite de vives réserves.

À la suite des récentes élections à la Knesset, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou fait face à des obstacles politiques et économiques majeurs concernant sa proposition d'utiliser les cryptomonnaies et la technologie blockchain pour contourner d'éventuelles sanctions internationales. Selon les résultats publiés par la commission électorale centrale, le Likoud demeure la principale formation avec 27 sièges, tandis que le parti dirigé par Gadi Eisenkot en a obtenu 21. Le bloc de droite dirigé par Nétanyahou totalise 53 sièges, l'opposition en recueille 48 et les partis arabes obtiennent 19 sièges. Aucun bloc n'atteignant la majorité requise de 61 sièges, la concrétisation de ce projet numérique demeure incertaine.
Cette controverse a débuté lorsque Nétanyahou a suggéré d'explorer des solutions alternatives basées sur la blockchain pour sécuriser les transferts financiers en cas de restrictions bancaires internationales. La Banque d'Israël a rapidement rejeté cette initiative par le biais d'un communiqué officiel, soulignant que les monnaies numériques ne sauraient constituer un substitut aux relations commerciales traditionnelles ni servir d'outil pour éluder des sanctions. En dépit de ces critiques, Nétanyahou a maintenu sa position, bien que des informations de presse aient révélé qu'aucune structure de travail gouvernementale n'avait été formellement mise en place.
Sur le plan technique, les réseaux décentralisés et les stablecoins permettent des transferts de valeur rapides et affranchis des intermédiaires bancaires traditionnels. Néanmoins, les analystes rappellent que l'indépendance technologique ne garantit pas l'immunité économique. Une entreprise israélienne peut techniquement régler un achat en bitcoins, mais si le fournisseur étranger est soumis à des interdictions réglementaires, la nature de la monnaie ne lève pas l'obligation légale. De surcroît, le marché des cryptomonnaies demeure connecté au système financier conventionnel à travers les réserves et les mécanismes de conversion.
Alors que les tractations politiques se poursuivent en vue de la formation du prochain gouvernement, le projet de recours aux monnaies numériques demeure au stade déclaratif. Ce débat met en lumière la dichotomie entre l'innovation technologique et les impératifs du commerce mondial, soulignant que la viabilité d'une telle stratégie dépendra autant de la faisabilité économique que des équilibres de la future coalition.





