Hausse record des appels à la ligne d'aide pour hommes victimes d'abus
La ligne d'écoute pour les hommes victimes d'agressions sexuelles en Israël a connu une hausse record des appels en 2025, brisant des décennies de silence.

La ligne d'assistance téléphonique pour les hommes victimes d'agressions sexuelles a enregistré une hausse spectaculaire de ses appels depuis le déclenchement de la guerre le 7 octobre 2023. Selon les données publiées par les centres d'aide, le nombre de sollicitations a atteint environ 3 500 en 2025, soit un bond de plusieurs dizaines de pour cent par rapport aux deux années précédentes.
Eran Hahn, directeur de la ligne d'écoute, relève qu'après un calme inhabituel durant les premières semaines suivant les massacres du 7 octobre, où la nation était focalisée sur les otages, les appels ont rapidement submergé les services. Orit Solitsiano, directrice générale de l'Association des centres d'aide aux victimes d'agressions sexuelles en Israël, explique que le débat public incessant sur les violences sexuelles commises lors du festival Nova et en captivité a fissuré le mur du silence au sein de la société.
Briser des décennies de silence
L'augmentation des appels révèle que les violences sexuelles touchant les hommes sont bien plus fréquentes qu'on ne le suppose. Les préjugés culturels et l'idée reçue selon laquelle la force physique protège de l'agression ont longtemps étouffé le sujet. Néanmoins, la libération de la parole autour du stress post-traumatique des combattants et les témoignages d'otages libérés ont légitimé la détresse psychologique masculine.
Neta Patrick, directrice du centre d'aide de Tel-Aviv, souligne que l'agression sexuelle envers les hommes est encore perçue à tort comme incompatible avec l'idéal de la virilité. Le courage de survivants ayant brisé le silence a provoqué un afflux inédit d'appels, incitant des hommes âgés de 50 ou 60 ans à verbaliser enfin un traumatisme enfoui depuis des décennies.
Défis institutionnels et prise en charge
Malgré cette prise de conscience sociétale, l'offre de soins reste insuffisante. Le ministère des Affaires sociales propose des solutions thérapeutiques limitées face à une demande en forte augmentation. Les responsables associatifs rappellent qu'il est urgent de garantir un accompagnement professionnel et adapté pour répondre à cette détresse longtemps ignorée.



