L'avocat de Lindsay Clancy demande une grâce présidentielle à Donald Trump
L'avocat de Lindsay Clancy, mère du Massachusetts ayant étranglé ses trois enfants, a demandé une grâce au président Donald Trump après l'annulation du procès. Cette affaire relance le débat sur la psychose post-partum.

Un rebondissement majeur se profile-t-il dans l'affaire judiciaire qui secoue les États-Unis ? Quelques jours seulement après l'annulation de son procès, l'avocat de Lindsay Clancy, la mère du Massachusetts qui a étranglé ses trois enfants, a fait appel ce mardi directement au président américain Donald Trump pour lui demander une grâce.
Une demande de grâce malgré les déclarations de Trump
Lors d'un entretien accordé à l'émission « Good Morning America » sur le réseau ABC, l'avocat de la défense, Kevin Reddington, a appelé le président à envisager une grâce présidentielle, invoquant « la personne qu'elle est et ce qu'elle a traversé ». Cette démarche intervient en dépit d'une déclaration publique de Donald Trump la semaine dernière, qualifiant l'événement d'« horrible tragédie » et affirmant que Clancy devait « payer le prix » de ses actes. Reddington a néanmoins exprimé l'espoir que le président intervienne dans le dossier.
La demande de grâce survient après que le juge William Sullivan a prononcé l'annulation du procès (mistrial) dimanche. Cette décision est intervenue après sept jours de délibérations, au terme desquels les jurés ont fait part de leur division : onze d'entre eux ont voté dans une direction tandis qu'un juré unique a refusé de céder. Reddington a manifesté une vive frustration à l'encontre de ce juré, affirmant qu'il avait écrit dans une note qu'« il avait un doute mais n'avait pas appliqué le principe du doute raisonnable » dans sa décision.
Critiques du système médical et rejet des rumeurs
L'avocat a profité de l'entretien pour balayer les rumeurs véhiculées sur les réseaux sociaux qui mettaient en cause le mari, Patrick, dans la mort des enfants, qualifiant ces allégations de « mensonges absolus qui doivent cesser ». Parallèlement, il a vivement mis en cause le corps médical. Selon lui, Lindsay Clancy avait consulté une psychiatre disposant d'un mois d'expérience seulement, qui lui avait prescrit simultanément de nombreux médicaments.
« Elle a appelé deux fois des lignes d'assistance, a envoyé des SMS et a écrit à sa mère : “Je suis malade, quelque chose ne va pas”. Elle s'est adressée à tous ceux qui voulaient bien l'écouter, et elle a été ignorée », a-t-il déclaré.
Une tragédie au cœur d'un débat national
Cette affaire, survenue en janvier 2023 dans la banlieue de Duxbury, au sud de Boston, continue de susciter une vive émotion aux États-Unis. Ancienne infirmière, Lindsay Clancy a étranglé ses trois enfants — Cora (5 ans), Dawson (3 ans) et Callan (8 mois) — avant de tenter de mettre fin à ses jours en se jetant par la fenêtre, ce qui l'a laissée paralysée et clouée dans un fauteuil roulant.
Alors que la défense a insisté sur le fait que l'accusée souffrait d'une grave psychose post-partum et entendait des voix lui ordonnant de tuer les enfants et de se suicider, l'accusation a présenté des éléments indiquant que l'acte était prémédité et qu'elle avait calculé avec précision les absences de son mari. L'affaire a provoqué un large écho public, marqué par des manifestations de soutien de femmes vêtues de rose réclamant des soins plutôt qu'une condamnation, ainsi qu'une campagne de financement participatif ayant récolté plus d'un million de dollars pour sa famille. Lindsay Clancy se trouve actuellement hospitalisée dans un établissement psychiatrique public, et le parquet devrait prochainement décider de la tenue ou non d'un nouveau procès.




