Les États-Unis envisagent de réduire leur présence militaire dans le Golfe

Le Pentagone évalue la pertinence de reconstruire ses bases dans le Golfe, endommagées par les attaques iraniennes. Le transfert de forces vers l'ouest, notamment en Israël, est à l'étude, malgré des inquiétudes américaines liées à l'espionnage.

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Les États-Unis envisagent de réduire leur présence militaire dans le Golfe
Photo : N12 / דונלד טראמפ, נשיא ארה"ב | צילום: AP

Le Pentagone envisage de réduire la présence militaire américaine dans le Golfe après la fin de la guerre contre l'Iran, a rapporté le Washington Post ce mardi. Selon des responsables proches du dossier, aucune analyse officielle définitive n'a encore été menée, mais les États-Unis examinent la nécessité de reconstruire les bases endommagées par les attaques iraniennes.

Selon le rapport, qui s'appuie sur huit sources officielles, une réduction des forces américaines pourrait marquer un changement durable dans la nature de la présence américaine dans la région suite à la confrontation avec l'Iran. Les dommages subis par les bases offrent au Pentagone une opportunité rare de reconsidérer son dispositif, le ministère de la Défense ayant déjà laissé entendre qu'il ne reconstruirait peut-être pas les installations dans leur format initial.

Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM), qui gère les opérations au Moyen-Orient, stationne habituellement environ 40 000 soldats sur une vingtaine de sites répartis de la Jordanie à Oman. Depuis le début de l'année, l'armée américaine a renforcé ses moyens avec des navires de guerre et des systèmes de défense aérienne, menant plus de 13 000 frappes contre l'Iran.

Le transfert de forces vers l'ouest — en Jordanie, en Israël ou en Arabie saoudite — pourrait alléger la pression sur les troupes américaines. Toutefois, Michael Ratney, ancien ambassadeur des États-Unis en Arabie saoudite, souligne que cette solution n'est pas idéale. Des divergences existent à Washington concernant un transfert vers Israël, en raison de la crainte qu'une présence américaine accrue n'expose les États-Unis à de l'espionnage israélien.

Un rapport de NBC publié il y a deux mois indiquait que le Pentagone s'inquiétait de l'intensification de l'espionnage israélien contre les États-Unis, allant jusqu'à élever le niveau de menace de contre-espionnage au plus haut. Cette mesure inhabituelle intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Jérusalem et Washington concernant la campagne contre l'Iran.

Les pays du Golfe, alliés des États-Unis, pourraient se retrouver vulnérables face aux attaques iraniennes en cas de retrait américain. Le développement de capacités autonomes ou de nouveaux partenariats pour compenser ce manque pourrait prendre des années. L'amiral Bradley Cooper, commandant du CENTCOM, soutient l'examen d'un redéploiement des forces vers l'ouest, loin du golfe Persique.

Avant le déclenchement de la guerre en février, le CENTCOM avait déjà évacué plusieurs bases jugées trop vulnérables. Selon une source proche du dossier, certains de ces changements de positionnement pourraient être maintenus après la guerre.

« L'Iran pense que nous sommes dans les endroits habituels, — a déclaré la source, refusant de détailler les changements pour ne pas mettre en danger le personnel. — Mais nous n'y sommes pas. »

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