« Les éducateurs juifs sont entrés dans la clandestinité » : l'antisémitisme dans les syndicats enseignants aux États-Unis atteint des sommets

Un nouveau rapport de l'ADL révèle que 73,6 % des enseignants juifs membres de syndicats américains pratiquent l'autocensure, et 70 % craignent des représailles professionnelles s'ils dénoncent l'antisémitisme. Les témoignages font état d'un climat hostile, de la négation des atrocités du 7 octobre et de l'usage du terme « sioniste » comme insulte.

WallaAuteur : Yoav Itayiel
Source
« Les éducateurs juifs sont entrés dans la clandestinité » : l'antisémitisme dans les syndicats enseignants aux États-Unis atteint des sommets
Photo : צילום: Walla.co.il

L'Anti-Defamation League (ADL) a publié aujourd'hui (jeudi) un nouveau rapport révélant que les enseignants juifs aux États-Unis décrivent une atmosphère hostile, une exclusion et la crainte de conséquences professionnelles s'ils se plaignent de l'antisémitisme.

Le rapport, « L'antisémitisme dans les syndicats d'enseignants aux États-Unis », est basé sur une enquête et des groupes de discussion avec la participation de 307 membres juifs de syndicats du système éducatif, des jardins d'enfants aux lycées. L'étude s'est concentrée sur les expériences des membres juifs des syndicats.

Selon les résultats, 73,6 % des répondants ont déclaré ressentir le besoin de s'autocensurer dans les espaces syndicaux. 70 % ont estimé que soulever des préoccupations concernant le traitement des Juifs pourrait nuire à leur réputation ou entraîner des conséquences professionnelles. Près de la moitié (47,6 %) ont réduit leur participation aux activités syndicales en raison de la rhétorique ou du comportement offensant envers les Juifs, le sionisme ou Israël.

Le rapport souligne également que plus de la moitié des personnes interrogées ont déclaré qu'au cours de l'année écoulée, elles ont été exposées à la minimisation ou au déni des atrocités de l'attaque du 7 octobre. 49 % ont entendu le terme « sioniste » utilisé comme une insulte, et 44 % ont déclaré que des événements syndicaux ont accueilli des intervenants justifiant la violence contre les Juifs ou contre Israël. Plus de 70 % ont défini comme un comportement problématique la publication de déclarations sur la guerre qui ne condamnent pas le Hamas ou les actes de massacre.

Le rapport pointe également une grave crise de confiance envers la direction des syndicats : parmi les répondants ayant déposé une plainte, 69 % ont déclaré ne pas être du tout satisfaits de la réponse. Plus d'un quart des répondants ont noté que leur syndicat a promu au cours de l'année écoulée des programmes traitant des Juifs, du sionisme ou d'Israël ; 78 % d'entre eux ont estimé que le contenu était biaisé négativement.

« Mon syndicat local a adopté une résolution officielle qui fait porter à Israël la responsabilité de l'attaque du Hamas du 7 octobre, a raconté un participant. Nous avons essayé de proposer des amendements, mais ils nous ont rejetés et nous ont même fait taire en criant. »

Un autre participant a témoigné : « Les éducateurs juifs sont entrés dans la clandestinité. Ils n'admettent pas qu'ils sont juifs et ne portent pas de signes distinctifs. On nous dit toujours de ne pas parler. »

Jonathan Greenblatt, PDG de l'ADL, a fait valoir qu'il ne s'agit pas de cas isolés. « Ce que nous avons trouvé n'est pas l'action de quelques éléments extrémistes, mais un échec structurel et culturel, a-t-il déclaré. Les éducateurs juifs méritent de se sentir en sécurité et protégés dans leurs espaces syndicaux. Au lieu de cela, ils s'autocensurent et craignent des représailles. »

Les mesures les plus soutenues par les répondants sont :

  1. Une condamnation explicite des menaces et du harcèlement contre les Juifs par la direction des syndicats (76 %)

  2. Une formation équilibrée et basée sur des faits sur le thème de l'antisémitisme (73,3 %)

  3. L'établissement de règles claires contre le harcèlement fondé sur l'identité juive ou sioniste (71,7 %)

L'ADL a appelé les syndicats à condamner l'antisémitisme sans équivoque, à mettre en œuvre des mécanismes de protection pour les membres juifs, à revoir le matériel d'étude promu et à ramener leur activité vers l'objectif professionnel partagé par tout le personnel enseignant.

Dans la même rubrique